Les effets catastrophiques pour le transport aérien s’accélèrent

Le groupe Air France-KLM a annoncé une réduction de son activité de 70% à 90% lors des deux prochains mois au moins.
Photo: Joel Saget Agence France-Presse Le groupe Air France-KLM a annoncé une réduction de son activité de 70% à 90% lors des deux prochains mois au moins.

Les compagnies aériennes américaines ont appelé au secours les autorités lundi pour faire face à la pandémie de COVID-19, tandis que les mesures d’économie draconiennes s’accéléraient en Europe.

Signe de la dégradation de cette crise sanitaire : le transport aérien américain demande des aides d’urgence pouvant aller jusqu’à 50 milliards de dollars au gouvernement fédéral pour survivre.

Cette requête reflète, selon Airlines For America, le lobby du secteur, une chute « sans précédent » de la demande, à un niveau bien « pire qu’après les attentats du 11 Septembre ».

« Nous devons soutenir les compagnies aériennes », a déclaré le président Donald Trump peu après une rencontre à la Maison-Blanche, sans annoncer de mesures concrètes.

En Europe, Groupe ADP, qui gère les aéroports parisiens de Roissy-Charles-de-Gaulle et d’Orly, prévoit un recul du trafic de 25 % sur ses principales plateformes à partir de mars et sur les quatre ou cinq mois à venir.

L’Association internationale du transport aérien (IATA) a demandé jeudi des mesures de soutien d’urgence, après l’annonce des mesures d’interdiction temporaire d’entrée aux États-Unis des voyageurs en provenance d’Europe.

Outre l’Italie, l’un des points chauds en Europe, plusieurs pays ont mis des mesures semblables en place avec leur lot de suppressions de liaisons aériennes.

Le groupe ADP, qui voit fondre à la fois les recettes des redevances aéroportuaires et celles des commerces et boutiques, « pourrait fermer davantage d’infrastructures si la baisse s’accélère », a expliqué à l’AFP le directeur général, Edward Arkwright.

Le groupe va soutenir ses clients en difficulté en proposant par exemple la suspension des redevances de stationnement pour les avions immobilisés sur les plateformes parisiennes du fait de la crise.

Réduction de 50 % à 90 %

Air France-KLM prévoit une réduction de son activité de 70 % à 90 % lors des deux prochains mois au moins.

L’allemande Lufthansa, autre compagnie historique en Europe, va supprimer « jusqu’à 90 % » de ses capacités de vols long-courriers et maintiendra seulement 20 % des capacités sur les trajets courts.

Sa filiale autrichienne Austria suspend tous ses vols réguliers à partir de jeudi et jusqu’au 28 mars.

Après plusieurs annonces la semaine dernière, la compagnie à bas prix Norwegian Air Shuttle a encore durci les mesures lundi avec la suppression de 85 % de ses vols et la mise au chômage technique de plus de 7300 salariés, soit environ 90 % de son effectif.

Outre-Manche, IAG, maison mère de British Airways, a annoncé prévoir une réduction de sa capacité de vols d’« au moins 75 % » en avril et en mai.

Le transporteur à bas prix britannique EasyJet a prévenu que la « majorité de ses avions » pourrait être cloués au sol et dit craindre pour la survie des compagnies aériennes en cas de gel à long terme des voyages.

Même préoccupation chez son rival Ryanair, qui prévoit le maintien au sol de « la majorité de sa flotte pour les 7 à 10 prochains jours ».

Les compagnies américaines, qui ont dû supprimer des milliers de vols, suspendre des liaisons transatlantiques et geler des embauches, ont besoin de 25 milliards de dollars en urgence et de 25 milliards supplémentaires en prêts à court et à moyen terme.