Les entreprises à pied d’oeuvre pour limiter les dégâts

Une employée du gymnase Yogaspace a nettoyé avec assiduité les poids libres à la disposition des membres, mercredi.
Photo: Tijana Martin La Presse canadienne Une employée du gymnase Yogaspace a nettoyé avec assiduité les poids libres à la disposition des membres, mercredi.

Si les entreprises suivent de près la situation entourant la propagation potentielle du coronavirus, certaines ont commencé à faire des gestes concrets. Alors que certaines organisations ont dressé une liste d’endroits interdits de visite, d’autres demandent à leurs employés de privilégier le télétravail afin de contribuer à ralentir l’évolution des nouveaux cas.

À la Caisse de dépôt et placement du Québec, on a interdit les déplacements en Asie, en Italie, en Israël et dans quatre États américains, dont New York et la Californie. Les voyages pour assister à des conférences et des conseils d’administration sont suspendus. Si un employé ou un proche a passé du temps dans une zone « identifiée », il devra travailler de la maison pendant 14 jours.

« Nous avons un plan de contingence prévoyant entre autres l’utilisation de sites secondaires, la mise en place d’horaires rotatifs ou des mesures pour faciliter le télétravail pour l’ensemble de l’organisation. Ce plan pourra être mis en oeuvre si l’évolution de la situation le requiert », a indiqué un porte-parole de la Caisse, Maxime Chagnon.

Hydro-Québec redouble de vigilance, a dit Cendrix Bouchard, porte-parole de la société d’État, où travaillent 19 500 employés. Tout en préconisant les principes de base de l’« étiquette respiratoire », comme à chaque saison grippale, Hydro-Québec a interdit les voyages en Chine, même si aucun n’avait été prévu. En ce qui concerne les autres voyages hors Québec, ils sont évalués au cas par cas et doivent être autorisés par la direction.

Par ailleurs, les gestionnaires d’Hydro-Québec doivent avoir en main un plan de contingence pour évaluer le personnel minimal nécessaire pour assurer le maintien du bon fonctionnement, comme c’est le cas lors des crues printanières, par exemple.

Plans gouvernementaux

La menace du coronavirus sur la santé publique et sur l’économie a incité Ottawa et Québec à dévoiler des plans de contingence mercredi. Le gouvernement Legault, qui a mis sur pied une cellule de crise, invite le personnel de l’État à suspendre les voyages professionnels à l’étranger. À Ottawa, le gouvernement Trudeau a réservé des sommes pour les provinces mais veut également accélérer le versement des prestations d’assurance emploi pour les travailleurs affectés, à condition que ceux-ci aient un avis du médecin ou de leur entreprise.

Il en faudra plus, selon la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, qui veut aussi un « allégement des pénalités et des intérêts relatifs aux retards de paiements sur les taxes de vente et au régime d’indemnisation des accidentés du travail », de même qu’un moratoire sur les vérifications fiscales « de routine ».

« Ce que j’ai entendu de nos membres [a surtout trait aux] voyages d’affaires, [aux] déplacements à l’extérieur du pays, où il y a des restrictions particulières qui ont été prises », a dit Me Karolyne Gagnon, vice-président au travail et aux affaires juridiques du Conseil du patronat du Québec. « Autrement, ce sont les mesures d’hygiène qui sont suggérées et resserrées, donc se laver souvent les mains, éviter les contacts de main à main. De plus en plus, on voit des gens se cogner le coude, on désinfecte les surfaces pour les gens qui travaillent dans les mêmes espaces. »

Me Gagnon a précisé que les entreprises ont des plans de continuité d’affaires qu’elles ont développés à l’époque du virus H1N1 et du SRAS. « Ces plans sont mis à jour avec les nouvelles informations, s’il y a lieu de les mettre à jour auprès des travailleurs. »

Google a demandé à tous ses bureaux nord-américains de permettre aux employés de travailler de la maison si leurs fonctions le permettent, selon un courriel interne qui circulait mercredi dans les médias américains.

À CGI, dont le siège est à Montréal, parmi les mesures adoptées figure l’interdiction de destinations comme la Chine et l’Italie et on recommande d’éviter la participation à des conférences internationales. Des mesures sont en place pour permettre à des employés qui seraient placés en quarantaine de poursuivre le travail à domicile, a indiqué son vice-président aux relations publiques, Sébastien Barangé.

« L’Unité de coordination des mesures d’urgence de la STM suit la situation de près et prépare son plan de continuité pour assurer la poursuite des opérations selon l’évolution de la situation », a indiqué un porte-parole de la STM. Celle-ci est « en lien étroit avec les autorités de santé publique qui nous informent de l’évolution de la situation, des cas qui pourraient nous concerner et des mesures à prendre ».

« Rappelons que les experts évaluent que le risque de transmission dans le transport collectif est faible et que le virus ne survit pas plus de trois heures sur les surfaces sèches. » Par mesure préventive, la STM a accru la fréquence de nettoyage des « stations, trains et bus », mais a ajouté qu’elle distribuera « des lingettes désinfectantes pour tous les agents de station, opérateurs et chauffeurs (réseau régulier et transport adapté) ».

De son côté, le Conseil québécois du commerce de détail a reçu un certain nombre de demandes de la part des participants au congrès annuel Hop !, prévu la semaine prochaine, et son équipe travaille à l’organisation d’une table ronde à cet effet.

Air Canada a dit qu’elle suit la situation « de très près » et ajouté que « la santé et la sécurité sont une priorité autant pour nos employés que pour nos clients ».