Les multinationales cherchent à limiter les effets de l’épidémie

De nombreuses usines sont encore ralenties en Chine, notamment pour des raisons sanitaires.
Photo: Agence France-Presse De nombreuses usines sont encore ralenties en Chine, notamment pour des raisons sanitaires.

Devant la propagation de l’épidémie causée par le nouveau coronavirus, les entreprises cherchent des solutions pour protéger leurs salariés tout en tentant de limiter le manque à gagner causés par les perturbations.

La quasi-totalité des multinationales installées en Chine sont touchées par la crise : pénuries de matériel, manque de main-d’oeuvre, impossibilité de se déplacer… contraignant les entreprises à l’imagination : le constructeur automobile britannique Jaguar Land Rover a dû importer des pièces détachées dans des valises.

Les conséquences sont loin d’être anecdotiques : le groupe français d’équipement et services énergétiques Schneider Electric, qui compte une usine à Wuhan, épicentre de l’épidémie, a estimé jeudi à 300 millions d’euros les pertes attendues au premier trimestre. Microsoft a annoncé mercredi que sa prévision de chiffre d’affaires de Windows pour le trimestre en cours ne serait sans doute pas atteinte à cause des retards dans la production.

« Les plus de 5000 entreprises allemandes en Chine sont actuellement soumises à de sévères restrictions en matière d’approvisionnement, de production et de vente », a souligné dans un communiqué jeudi la fédération de l’industrie allemande BDI.

Pertes financières

Apple ou Coca-Cola ont également parlé des conséquences néfastes de cette épidémie pour leurs résultats. Quant aux compagnies aériennes, fortement touchées, elles doivent annoncer des mesures d’économie, comme Air France, ou demander à leurs salariés de prendre des congés sans solde, comme l’allemande Lufthansa.

Les constructeurs automobiles doivent aussi s’adapter à l’effondrement de 92 % des ventes en Chine lors de la première quinzaine de février. Pour tenter de compenser, l’allemand Volkswagen a accentué ses efforts dans la vente en ligne dans ce pays en diffusant des vidéos.

Les usines sont encore ralenties, notamment pour des raisons sanitaires. Nombre d’entreprises rapatrient en outre leurs salariés expatriés, comme le groupe automobile PSA : « Nous avons rapatrié tous nos collaborateurs, ils sont en bonne santé », a assuré mercredi le président du directoire, Carlos Tavares.

Les entreprises « ont retenu les leçons de la précédente pandémie », la grippe H1N1 en 2009, estime Claire Toumieux, avocate associée au cabinet Allen & Overy, qui souligne toutefois que « les réglementations et protections diffèrent entre pays » et types de contrat.

Même la mode

Ces mesures exceptionnelles se constatent également dans d’autres pays touchés par le coronavirus, comme l’Italie. La maison de mode Armani a défilé sans public dimanche lors de la Semaine de la mode, retransmettant l’événement sur Internet.

Dans certaines entreprises, comme le groupe bancaire UniCredit, un contrôle de température est effectué à l’entrée. Au-delà d’une certaine température (entre 37,2 et 37,5 degrés selon les groupes), la personne, fournisseur ou employé, ne peut pas entrer. Le télétravail est également vivement encouragé.

En Angleterre, le géant pétrolier Chevron a également demandé à ses salariés de ne pas se rendre « pour le moment » dans ses bureaux à Canary Wharf, dans la City de Londres.

Les déplacements professionnels sont parfois restreints, et suspendus à destination des foyers de contamination. Le géant français des cosmétiques L’Oréal a indiqué jeudi avoir suspendu tous les voyages d’affaires de ses employés jusqu’à fin mars. Mardi, la multinationale de l’alimentation Nestlé avait également annoncé la suspension de ses voyages d’affaires jusqu’au 15 mars.

Conséquence, plusieurs entreprises ont annulé leur présence à des salons internationaux, pourtant des moments clés pour rencontrer des clients et emmagasiner des commandes.