Le coronavirus force la firme WSP à s’ajuster en Chine

La multinationale établie à Montréal a demandé à ses employés qui se trouvent en Chine de travailler à domicile.
Photo: Noel Celis Agence France-Presse La multinationale établie à Montréal a demandé à ses employés qui se trouvent en Chine de travailler à domicile.

À l’instar de plusieurs entreprises à travers le monde, la firme d’ingénierie québécoise WSP Global doit modifier certaines de ses façons de faire en Chine alors que le nouveau coronavirus continue à se propager.

La multinationale établie à Montréal a demandé à ses employés qui se trouvent dans ce pays, qui est l’épicentre de l’épidémie, de travailler à domicile, ce qui affectera inévitablement leur productivité.

Néanmoins, son président et chef de la direction, Alexandre L’Heureux, ne s’attend pas à ce que le virus maintenant connu sous le nom de COVID-19 oblige WSP à modifier ses prévisions pour l’exercice, puisque l’Asie représente moins de cinq pour cent de ses revenus nets.

« Avec des employés à la maison, je ne crois pas qu’il serait raisonnable de penser que le portrait demeurera identique […] mais cela est atténué par le fait qu’il ne s’agit que d’un très, très petit morceau de notre entreprise », a expliqué M. L’Heureux, jeudi, au cours d’une conférence téléphonique visant à discuter des résultats du quatrième trimestre, où WSP a livré des résultats inférieurs aux attentes des analystes.

Selon l’analyste Maxim Sytchev, de la Financière Banque Nationale, moins de six pour cent de l’effectif global d’environ 50 000 employés de la firme se trouve en Asie.

Le COVID-19 a fait son apparition dans la ville chinoise de Wuhan puis le virus s’est propagé dans environ 40 pays. Plus de 82 000 cas ont été rapportés dans le monde et plus de 2800 personnes ont perdu la vie après avoir été infectées.

« Nous n’allons pas modifier nos prévisions en raison de cela », a assuré M. L’Heureux. WSP est actuellement au coeur de son plan stratégique, où l’on mise entre autres sur les acquisitions. Son plan de croissance table sur un effectif de 65 000 employés en 2021, ce qui lui permettrait de doubler sa rivale SNC-Lavalin.

La firme a réalisé neuf transactions depuis l’an dernier, dont deux dans le secteur de l’environnement : la firme danoise Danish Orbison et l’américaine Ecology and Environment.

« Nous voulons continuer à grandir, et franchement pas seulement du côté de l’environnement, a dit M. L’Heureux. Nous cherchons à développer toutes sortes de services de conseil, de la gestion de projet à la science de l’eau. »

En dépit des nombreuses transactions, le bilan financier de WSP est « très solide », a souligné Frederic Bastien, de la firme Raymond James, dans un rapport où il vante la diversification de l’entreprise à l’échelle mondiale.

L’analyste croit que l’entreprise peut ainsi continuer à acquérir des firmes de taille moyenne ou réaliser une transaction qui pourrait transformer son visage — comme une éventuelle acquisition du géant américain AECOM. Ce dernier aurait été approché par WSP en janvier, selon l’agence Bloomberg.

Sans mentionner le nom de la firme établie à Los Angeles, les analystes ont questionné M. L’Heureux quant à la possibilité qu’une acquisition d’envergure se matérialise. Celui-ci a toutefois répondu prudemment. « Nous n’avons pas un fusil sur la tempe, a-t-il dit. Est-ce que je crois qu’il y a des occasions dans le monde pour nous permettre d’atteindre nos cibles ? La réponse est oui. »

Sous les attentes

Pour l’exercice en cours, WSP anticipe un bénéfice ajusté oscillant entre 1,07 milliard et 1,12 milliard sur des revenus nets de 7,1 milliards.

Au quatrième trimestre terminé le 31 décembre, l’entreprise a engrangé un bénéfice net de 40,5 millions, ou 38 cents par action, par rapport à 43,3 millions, ou 41 cents par action, au dernier trimestre de 2018.

En 2019, le profit net de WSP s’est établi à 286,5 millions, ou 2,72 $ par action, en progression d’environ 15,5 %, alors que les revenus ont grimpé de 15 % pour s’établir à 6,89 milliards.