Face au COVID-19, la confiance des marchés s’effrite

À Toronto, l’indice principal a terminé en baisse de 1,9 % pour s’établir à 16717 points, la séance ayant été écourtée en raison de problèmes techniques.
Photo: Aaron Vincent Elkaim La Presse canadienne À Toronto, l’indice principal a terminé en baisse de 1,9 % pour s’établir à 16717 points, la séance ayant été écourtée en raison de problèmes techniques.

Les grandes places boursières ont chacune terminé dans le rouge jeudi, les investisseurs se ruant vers la porte de sortie face à la menace croissante que représente la propagation du coronavirus pour l’économie mondiale. Le S&P 500, baromètre des marchés, accumule de telles pertes depuis son sommet la semaine dernière qu’il a officiellement franchi le seuil de 10 % permettant de conclure à une correction.

À Toronto, l’indice principal a terminé en baisse de 1,9 % pour s’établir à 16717 points, la séance ayant été écourtée en raison de problèmes techniques. À Wall Street, le S&P 500 a reculé de 4,4 %, comparativement à une dégringolade de 4,4 % pour le Dow Jones et de 4,9 % pour le Nasdaq. Plus tôt en journée, les grandes bourses européennes avaient affiché des reculs d’environ 3,5 %.

C’est un enjeu temporaire et les gens le savent. Ce n’est ni le premier ni le dernier qu’ils vont vivre .

 

L’incident à Toronto est survenu en début d’après-midi et empêchait de faire des commandes sur des titres inscrits à la cote du TSX et de la plateforme TSX Alpha. Le Groupe TMX a ensuite précisé que le problème touchait aussi sa Bourse de croissance.

Les incertitudes pèsent, a dit à l’Agence France-Presse Maris Ogg, de Tower Bridge Advisors. « On n’a pas encore de réponses et on ne va pas en avoir pendant un certain temps, sans doute pas avant deux à quatre semaines. Plus il y aura d’infections liées au coronavirus, plus on risque de rester en zone de correction. Depuis son sommet du 19 février, le S&P 500 a dégringolé de 12 % ».

Appel au calme

Devant la tourmente, les experts ont rappelé que l’investissement est un exercice ancré dans le long terme et qu’il est plus risqué de poser des gestes impulsifs que de demeurer sur ses positions en attendant que la tempête passe.

« C’est un enjeu temporaire et les gens le savent. Ce n’est ni le premier ni le dernier qu’ils vont vivre », a dit en entrevue Cimon Plante, gestionnaire de portefeuille à la Financière Banque Nationale. « Par contre, la question c’est : quels seront les dommages à partir d’aujourd’hui ? Est-ce que ça va être pire ? Si oui, faudrait-il faire des choix pour être plus défensif ? C’est là que ça devient difficile, parce qu’on ne peut pas le prédire, et ça, c’est la réalité du marché. La complexité est si élevée que c’est plus dangereux à mon avis d’essayer de prédire l’impact plutôt que dire « on va tenir bon ». »

Au sud de la frontière, certaines compagnies comme Apple, Procter & Gamble et Microsoft ont commencé à prévenir que le coronavirus aurait un impact négatif sur leur performance financière. Par ailleurs, la banque d’affaires Goldman Sachs s’est dite pessimiste par rapport à la croissance des bénéfices en 2020.

« Quand on investit, et là je parle des actions, il faut toujours le faire sur un horizon à long terme. Ça veut dire qu’on n’a pas besoin de toucher à cet argent-là avant cinq ans ou plus, idéalement », a dit Eddy Chandonnet, gestionnaire de portefeuille et associé chez GPS Medici, lors d’une entrevue. « Donc la volatilité qu’il peut y avoir à court terme, ça nous importe peu si on se rappelle que l’objectif est de ne pas y toucher avant cinq ans. En ce qui concerne le coronavirus, la question à se poser, c’est : « est-ce qu’une entreprise va être affectée par l’événement à court terme qu’on a présentement » ? Aussi, est-ce que dans dix ans, dans cinq ans, ça aura changé quelque chose ? »

Le nombre de cas de nouveau coronavirus dans le monde s’élevait à 82 560 au moins, dont 2813 décès, dans 50 pays et territoires, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles. Les pays les plus touchés après la Chine sont la Corée du Sud, l’Italie, l’Iran et le Japon.

Par ailleurs, les cours du pétrole ont affiché des pertes de plus de 4 %, affectés par la propagation de l’épidémie de nouveau coronavirus et les craintes qu’elle entraîne sur la consommation mondiale d’or noir.

Dans ce contexte, les décisions des ministres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et de leurs alliés lors de la réunion prévue dans une semaine à Vienne seront décisives pour enrayer la chute des cours.

Avec Agence France-Presse