Bombardier va devoir convaincre

Le président et chef de la direction de Bombardier, Alain Bellemare, a fait valoir que l’avionneur comptait quelque 4800 appareils d’affaires actuellement en service à travers le monde.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Le président et chef de la direction de Bombardier, Alain Bellemare, a fait valoir que l’avionneur comptait quelque 4800 appareils d’affaires actuellement en service à travers le monde.

En se tournant exclusivement vers les avions d’affaires, la direction de Bombardier convient qu’elle devra prouver aux investisseurs sa capacité de livrer des résultats dans un secteur vulnérable aux aléas de l’économie.

« Il y a manifestement un peu d’éducation à faire, a convenu mercredi le président et chef de la direction de la compagnie, Alain Bellemare, au cours d’une conférence destinée aux investisseurs qui se déroulait à Miami, en Floride. C’est une grosse division en croissance. »

Actuellement, nous pensons que le marché perçoit ce secteur comme étant confronté à des défis structurels et peu attrayants dans une perspective de croissance

Tous les concurrents de Bombardier dans l’industrie des luxueux jets d’affaires, comme les compagnies derrière les Gulfstream et Falcon, sont également présents dans d’autres secteurs, comme la défense, ce qui leur permet de mieux résister aux périodes de turbulence. En acceptant de céder sa division de matériel roulant au géant français Alstom, l’entreprise établie à Montréal ne pourra plus compter sur cette diversification.

L’analyste Seth Seifman, de la banque américaine J. P. Morgan, s’était montré curieux de la réaction du marché à l’égard de la décision de Bombardier d’être le seul joueur de l’industrie à se consacrer exclusivement à un secteur où les marges sont très élevées, mais où l’activité est cyclique. « Actuellement, nous pensons que le marché perçoit ce secteur comme confronté à des défis structurels et peu attrayant dans une perspective de croissance », avait-il souligné dans un rapport publié mardi.

En compagnie du chef de la direction financière de Bombardier, John Di Bert, M. Bellemare a fait valoir que l’avionneur comptait quelque 4800 appareils d’affaires actuellement en service à travers le monde. À son avis, cela devrait contribuer à alimenter la croissance des activités de Bombardier Aviation. « Notre clientèle est très fidèle et diversifiée, a dit M. Bellemare. Nous avons investi massivement ces dernières années et nous allons maintenant en profiter. »

En date du 31 décembre, le carnet de commandes de la division des jets d’affaires de Bombardier — très présente au Québec avec plus de 12 000 employés — se chiffrait à 14,4 milliards $US. L’an dernier, Bombardier a livré 142 jets d’affaires de ses familles Global, Challenger et Learjet, soit cinq de plus qu’en 2018, pour une valeur estimée à 5,7 milliards $, selon les données publiées mercredi par la General Aviation Manufacturers Association. Toutefois, les livraisons de son principal concurrent, Gulfstream, ont atteint 147 unités, ce qui représente un montant de 7,85 milliards. Dans l’ensemble, il y a eu 809 livraisons de jets d’affaires effectuées en 2019, ce qui représente une augmentation de 15 % par rapport à l’année précédente, et la meilleure performance de l’industrie depuis environ une décennie — une statistique encourageante pour Bombardier.

Après avoir abandonné près de 14 % à la Bourse de Toronto mardi, l’action de Bombardier a ralenti sa chute mercredi, pour clôturer à 1,46 $, en baisse de 3 ¢, ou de 2 %.