HSBC veut supprimer 35 000 emplois

HSBC esquissait mardi les contours d’une réorganisation de vaste ampleur, qui devrait se traduire par un recentrage en Asie et au Moyen-Orient.
Photo: Isaac Lawrence Agence France-Presse HSBC esquissait mardi les contours d’une réorganisation de vaste ampleur, qui devrait se traduire par un recentrage en Asie et au Moyen-Orient.

Basé à Londres, mais actif à travers le monde et particulièrement en Asie, le groupe, déjà engagé dans un vaste plan de réduction de coûts, prévoit désormais de réduire ses effectifs totaux de pratiquement 15 %. « Nous nous attendons à ce que nos effectifs actuels de 235 000 personnes diminuent pour être plus proches de 200 000 employés en 2022 », a indiqué lors d’une conférence téléphonique le directeur général par intérim Noel Quinn. M. Quinn n’a pas précisé quelles régions seraient touchées, mais a souligné que les suppressions seraient importantes au Royaume-Uni.

Dans le même temps, HSBC esquissait mardi les contours d’une réorganisation de vaste ampleur, qui devrait se traduire par un recentrage en Asie et au Moyen-Orient, jugés plus rentables, au détriment des activités de banque d’investissement en Europe et aux États-Unis. Ces annonces interviennent à l’occasion de la publication, mardi, d’une chute de 53 % de son bénéfice net en 2019, à 5,97 milliards. L’Asie reste la région cruciale pour HSBC, qui y réalise la moitié de son chiffre d’affaires. Son bénéfice ajusté avant impôts, l’an dernier, en Asie, a gonflé de 6 %, à 18,6 milliards de dollars.

Si ses performances en Asie restent tirées par la locomotive chinoise, la banque est sous forte pression aux États-Unis comme en Europe, pâtissant notamment de la guerre commerciale sino-américaine et du retrait britannique de l’Union européenne. Dans le cadre de sa réorganisation, le groupe entend réduire son réseau de succursales aux États-Unis d’environ 30 % avec l’objectif d’y abaisser ses dépenses opérationnelles de 10 % à 15 %. La banque prévoit également de transférer ses activités de produits financiers structurés du Royaume-Uni vers l’Asie. Elle veut, enfin, réduire de 35 % en Europe et de 45 % aux États-Unis le volume de ses actifs à risque.

L’épidémie de COVID-19 pourrait cependant assombrir ses perspectives : elle « génère des turbulences économiques à Hong Kong et en Chine continentale, et pourrait peser sur nos performances en 2020 », a prévenu le groupe.