Cirque du Soleil: la Caisse de dépôt rachète les parts de Guy Laliberté

Guy Laliberté demeurera impliqué dans le processus créatif au Cirque, ce qui ne bousculera pas les activités au quotidien.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Guy Laliberté demeurera impliqué dans le processus créatif au Cirque, ce qui ne bousculera pas les activités au quotidien.

Plus de 35 ans après avoir fondé le Cirque du Soleil, Guy Laliberté n’est plus parmi les actionnaires de l’entreprise, puisqu’il a décidé de vendre sa participation restante de 10 % à la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ).

Le montant de cette transaction, qui a été annoncée lundi, n’a pas été précisé. Cela permettra à la Caisse de doubler la taille de sa participation pour ainsi détenir environ 20 % du Cirque.

M. Laliberté, qui n’était pas disponible pour accorder des entrevues, conservera des « intérêts économiques » qui n’ont pas été précisés. Il dit vouloir se consacrer davantage à la fondation One Drop, un organisme sans but lucratif qu’il a créé en 2007, ainsi qu’à Lune Rouge, dont le mandat consiste notamment à investir dans des entreprises des secteurs des technologies, des arts et de l’immobilier.

L’homme d’affaires âgé de 60 ans, qui avait déjà vendu 20 % du Cirque à des intérêts de Dubaï en 2008, demeurera également impliqué dans le processus créatif au Cirque, ce qui ne bousculera pas les activités au quotidien, a expliqué le président et chef de la direction, Daniel Lamarre. « Il va être ici [mardi] dans nos bureaux pour revoir le contenu d’un nouveau spectacle que l’on prépare, a expliqué M. Lamarre, au cours d’une entrevue téléphonique. Son engagement demeure entier. Cela est rassurant. »

La CDPQ avait acquis une participation de 10 % dans la société de divertissement en 2015 dans le cadre d’un changement au sein de l’actionnariat ayant permis à TPG Capital d’être propriétaire à hauteur d’environ 60 % de la société. Cette société d’investissement américaine demeure l’actionnaire principal, alors que la firme Fosun Capital Group possède une participation de 20 %.

Ainsi, selon M. Lamarre, la transaction ne signale pas que d’autres changements pouvant impliquer TPG Capital et Fosun sont attendus. « La Caisse a toujours exprimé, dans nos réunions du conseil d’administration, qu’elle était intéressée par une participation plus grande dans le Cirque, a-t-il souligné. C’est gratifiant de pouvoir compter sur un appui grandissant de leur part. »

Le Cirque compte quelque 4900 employés, dont plus de 1500 à son siège social de Montréal. La compagnie présente près d’une cinquantaine de spectacles permanents et en tournée dans le monde. Avec une participation de 20 %, le gestionnaire de régimes de retraite pourra nommer un deuxième représentant au conseil d’administration, qui en compte 12.

Par voie de communiqué, le nouveau président et chef de la direction de la CDPQ, Charles Émond, a qualifié le Cirque de « marque emblématique », soulignant que l’institution entendait continuer à appuyer les projets de développement de l’entreprise.

L’an dernier, la CDPQ et le Fonds de solidarité avaient octroyé une facilité de crédit de 120 millions de dollars américains au Cirque afin de financer notamment l’acquisition de The Works Entertainment — la troisième prise de la société depuis 2015. En raison du niveau d’endettement de l’entreprise, les agences de notation Moody’s et Standard & Poor’s avaient exprimé des préoccupations.

« Nous sommes dans un mode d’optimisation de nos spectacles, a expliqué M. Lamarre. Cette année et dans les prochaines années, nous allons avoir besoin de moins d’investissements, et cela nous permettra de capitaliser davantage sur l’augmentation de nos revenus. »

CGI rachète une partie de ses actions auprès de la Caisse

CGI a annoncé lundi avoir l’intention de racheter un peu plus de six millions de ses actions détenues par la Caisse de dépôt et placement du Québec pour les annuler, une transaction qui lui coûtera environ 600 millions. La société spécialisée dans les logiciels devrait racheter 6 008 905 actions de catégorie A au prix de 99,95 $ par action, par rapport à leur cours de 102,94 $ à la fermeture de la Bourse de Toronto vendredi. Au terme de la transaction, la Caisse détiendra une participation d’environ 11,9 % dans la société montréalaise, soit environ 31,4 millions d’actions. Pour la Caisse de dépôt, l’opération s’inscrit dans le cadre d’un rééquilibrage périodique de portefeuille. Le président et chef de la direction de la Caisse, Charles Émond, a expliqué que les bons résultats de CGI permettaient à la Caisse de rentabiliser une partie de son placement. La Caisse demeure l’un des principaux actionnaires de CGI, a poursuivi M. Émond, avant d’ajouter qu’elle continuera d’appuyer la croissance et la mondialisation de la société de technologies de l’information.