Huawei inculpé pour vol de secrets industriels

L'entreprise de télécommunications chinoise Huawei a été mis en cause par le gouvernement de Donald Trump.
Photo: Mark Schiefelbein Associated Press L'entreprise de télécommunications chinoise Huawei a été mis en cause par le gouvernement de Donald Trump.

L’équipementier chinois Huawei a été inculpé de nouveau jeudi, à New York, de vol de secrets industriels et de contournement des sanctions contre la Corée du Nord, accusations qui s’ajoutent aux premières poursuites pour violation des sanctions américaines contre l’Iran.

Inculpée dans le premier acte d’accusation en janvier 2019, la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, actuellement en résidence surveillée au Canada, reste citée dans le nouvel acte, sans être accusée de malversations supplémentaires.

Premier équipementier télécoms du monde et se retrouvant au coeur du déploiement du nouveau réseau téléphonique 5G, Huawei a été mis en cause, sur fond de guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, par le gouvernement Trump, qui met en avant un risque d’espionnage pour le compte du gouvernement chinois.

L’équipementier est notamment accusé d’avoir tenté de recruter des salariés d’entreprises américaines de télécommunications, obtenant d’eux, au passage, des informations technologiques. Ces données lui ont permis de mettre au point des produits similaires à ceux de ses concurrents, à des prix de vente moins élevés, selon le nouvel acte d’accusation.

Parmi les exemples cités dans le nouvel acte d’accusation : lors d’un salon professionnel à Chicago, en 2004, un employé de Huawei a ainsi été découvert, en pleine nuit, en train de prendre des photos du serveur informatique d’un concurrent, qu’il avait démonté. L’équipementier chinois a alors soutenu que l’individu, qui portait un badge sur lequel était inscrit « Weihua », était un employé subalterne qui s’était rendu au salon de sa propre initiative, bien que son CV mentionne qu’il était ingénieur principal en recherche et développement.

En 2013, Huawei a même lancé, selon l’accusation, un programme interne offrant des primes aux employés qui obtiendraient des secrets industriels de concurrents.

Dans le document d’inculpation, le procureur affirme également que Huawei a pris part à « de nombreux projets de télécommunication » en Corée du Nord. Un dirigeant avait pourtant affirmé en 2012, sous serment, devant une commission parlementaire américaine, que Huawei n’avait pas d’activités en Corée du Nord.

Au total, le nouvel acte d’accusation comprend 16 chefs. Cinq sociétés sont inculpées, toutes filiales de Huawei, de même que Meng Wanzhou et d’autres dirigeants du groupe, « qui n’ont pas encore été interpellés » et dont les noms ont été caviardés de l’acte d’accusation.