La pétrolière BP s’engage à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050

Les objectifs climatiques dévoilés par BP sont parmi les plus ambitieux de l’industrie pétrolière.
Photo: Daniel Leal-Olivas Agence France-Presse Les objectifs climatiques dévoilés par BP sont parmi les plus ambitieux de l’industrie pétrolière.

Le géant britannique des hydrocarbures BP a promis mercredi d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, sans dévoiler précisément sa stratégie pour y parvenir. Ce projet est porté par le nouveau directeur général du groupe Bernard Looney, en poste depuis une semaine et qui promet dans un communiqué de « réinventer BP ».

Les groupes pétroliers, l’une des industries les plus polluantes de la planète, font face à une pression accrue de la société et des mouvements écologistes pour lutter contre la crise climatique.

BP explique que son engagement porte sur les émissions polluantes de ses activités propres, ainsi que sur celles liées au pétrole et au gaz qu’il produit. Il donne très peu d’éléments sur les mesures qu’il compte mettre en place pour respecter son objectif, si ce n’est qu’il veut augmenter la proportion encore très limitée de ses investissements dans des activités plus vertes, actuellement autour de 5 %, sans toutefois donner de chiffres.

BP veut en outre réduire de 50 % l’intensité carbone d’ici 2050 des produits qu’il vend à ses clients, et réduire les émissions de méthane, un gaz à effet de serre beaucoup plus puissant que le CO2, sur toutes ses opérations de production d’hydrocarbures. « Nous avons besoin d’une transition rapide vers la neutralité carbone. Ce sera certainement un défi mais également une fabuleuse occasion », déclare M. Looney.

L’organisation de défense de l’environnement Greenpeace demandait à BP de réduire son programme d’investissement de dizaines de milliards de dollars dans l’exploration de pétrole et de gaz ou même d’y renoncer. BP va devoir convaincre ses actionnaires, puisqu’il réalise l’essentiel de ses confortables bénéfices grâce aux hydrocarbures, ce qui lui permet de verser d’importants dividendes.

Réorganisation

« Nous ne pouvons repenser l’énergie que si nous sommes solides, capables de payer des dividendes à nos actionnaires et de générer assez de trésorerie pour investir dans des activités à faible émission carbone », souligne M. Looney. Le dirigeant va entreprendre une réorganisation du groupe, en mettant fin à la séparation de ses activités entre l’amont (exploration et production) et l’aval (raffinage). Il propose à la place un groupe plus intégré composé de 11 équipes dont une dédiée au gaz et à l’énergie verte.

Interrogé par l’AFP juste avant sa première prise de parole en tant que patron de BP, il a expliqué qu’il s’agissait d’une « première étape ». « Nous donnerons les détails au fur et à mesure » mais « les dépenses en capital sont cruciales », a-t-il complété. Lors d’une présentation, il a reconnu que la production de pétrole et de gaz de BP « va baisser au fil du temps » afin de respecter son objectif, sans exclure de possibles cessions d’actifs.

Les ONG n’ont de leur côté pas caché leurs doutes. Les objectifs climatiques dévoilés par BP restent toutefois parmi les plus ambitieux de l’industrie pétrolière, même si le norvégien Equinor vise la neutralité carbone d’ici 2030. Son concurrent, le groupe anglo-néerlandais Royal Dutch Shell, se contente de vouloir réduire de 50 % son empreinte carbone d’ici 2050. Le français Total, assigné en justice en France pour « inaction » climatique, assure lui développer des énergies moins polluantes.