La retraite, source d’inquiétude pour une majorité de Canadiens

L’épargne-retraite est une priorité pour seulement 23% des répondants, un recul de neuf points de pourcentage par rapport au résultat d’un sondage similaire réalisé en 2017.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir L’épargne-retraite est une priorité pour seulement 23% des répondants, un recul de neuf points de pourcentage par rapport au résultat d’un sondage similaire réalisé en 2017.

La capacité de pourvoir à ses besoins à la retraite reste une préoccupation pour la grande majorité des Canadiens. Ils sont également plus nombreux à sous-estimer la somme requise. Résultat : plus on s’en approche, plus on reporte l’âge prévu de la retraite.

Un sondage réalisé au Canada pour la Banque Scotia indique que 68 % des répondants disent épargner pour leur retraite, mais 70 % d’entre eux ont peur de manquer d’argent le moment venu. Plus en détail, 59 % évoquent la crainte de perdre leur autonomie financière une fois cette étape franchie, 53 % estiment qu’ils devront tout de même travailler lorsqu’ils seront officiellement à la retraite et 47 % craignent de dépendre de l’aide financière de leur famille.

Au demeurant, la planification de la retraite cède la place à d’autres impératifs financiers plus immédiats. L’épargne-retraite est une priorité pour seulement 23 % des répondants, un recul de neuf points de pourcentage par rapport au résultat d’un sondage similaire réalisé en 2017. Et chez les 32 % qui n’y ont pas recours, près de la moitié (45 %) sont âgés entre 18 et 35 ans. « Nous sommes conscients que les jeunes ont d’autres priorités à cette période de leur vie : lancer leur carrière, rembourser leurs prêts étudiant et épargner en vue d’acheter leur première propriété », énumère la Scotia.

 
23 %
C’est la proportion de répondants pour lesquels l’épargne-retraite est une priorité.

Besoins sous-estimés

Il ressort également du sondage que le Canadien moyen prévoit de prendre sa retraite à 64 ans et évalue avoir besoin de 697 000 $ en épargne-retraite. Cette estimation s’inscrit en baisse par rapport à celle de 753 000 $ chiffrée dans la version de 2017 et se situe de loin sous le million de dollars jugé comme étant un seuil de retraite sûr et confortable par de nombreux conseillers, avance la Scotia. D’ailleurs, 66 % des répondants « craignent d’avoir sous-estimé le pécule dont ils auront besoin durant la retraite ». Et 58 % s’attendent à ce que leur revenu de retraite provienne des régimes publics, alors que seulement 34 % évoquent comme source un régime de retraite en milieu de travail.

À titre de comparaison, le répondant québécois moyen chiffre, pour sa part, son besoin à 661 000 $ et situe l’âge de la prise de sa retraite à 63 ans.

Ces cibles varient toutefois selon l’âge. Ainsi, dans le groupe des 18-34 ans, on situe l’âge moyen prévu de la retraite à 62 ans et le montant requis à 704 000 $. Dans le segment des 35-54 ans, l’âge moyen prévu de la retraite passe à 64 ans et le capital requis, à 768 000 $ en moyenne. Mais pour la strate suivante, celle des 55 ans et plus, l’âge moyen prévu de la retraite est de 66 ans, pour un capital requis moyen ramené à 572 000 $.

Ce « réalisme » permet cependant à 25 % des 55 ans et plus d’affirmer qu’ils sont sur la bonne voie pour atteindre leurs objectifs de retraite, contre 12 % pour le groupe d’âge précédent et 20 % pour les millénariaux.

Déjà, l’an dernier, d’autres sondages mentionnaient que les boomers portaient leur source d’inquiétude sur l’atteinte d’un patrimoine suffisant à la retraite. Une crainte évoquée alors par la Banque Manuvie, qu’est venu renforcer un autre sondage, mené cette fois pour RBC Banque Royale auprès des 50 ans et plus. Les répondants affichant un actif investissable inférieur à 100 000 $ visent un capital de 574 000 $, « un objectif dont ils s’écartent de plus de 500 000 $ à l’heure actuelle », pouvait-on notamment y lire.

Le sondage de la Banque Scotia a été mené par Nielsen Consumer Insights fin janvier-début février. Au total, 1012 sondages ont été remplis par échantillon aléatoire de participants canadiens.