Les multinationales ressentent l’impact du coronavirus

Starbucks, pour qui la Chine constitue le second marché, a fermé la moitié de ses 4000 points de vente dans le pays.
Photo: Noël Celis Agence France-Presse Starbucks, pour qui la Chine constitue le second marché, a fermé la moitié de ses 4000 points de vente dans le pays.

Compte tenu du poids de la Chine dans l’économie mondiale, tant comme marché que comme plaque tournante industrielle, l’épidémie de coronavirus affecte déjà les multinationales du monde entier. État des lieux des secteurs les plus touchés.

Tourisme

Ce secteur subit de plein fouet la mise en quarantaine de douzaines de villes en Chine et l’interdiction des voyages organisés de Chinois vers l’étranger pour tenter de contenir l’épidémie. Certains pays déconseillent également à leurs ressortissants de se rendre en Chine, tandis que d’autres ont suspendu les arrivées en provenance de ce pays. Plusieurs compagnies aériennes, dont Air France, British Airways, Air Canada, Lufthansa ou Delta, ont suspendu leurs vols vers la Chine continentale. Basée à Hong Kong, Cathay Pacific souffre particulièrement : mercredi, elle a demandé à ses 27 000 employés de prendre trois semaines de congés sans solde.

Du côté des croisiéristes, MSC Cruises, Costa Croisières et Royal Caribbean ont demandé à leurs paquebots de ne plus faire escale en Chine.

Enfin, les cinémas chinois ont dû fermer, alors que les festivités du Nouvel An chinois sont synonymes de sorties très médiatiques et de recettes normalement décuplées. Selon différents experts, le manque à gagner de la société IMAX, basée au Canada, est estimé entre 60 et 200 millions de dollars.

Production

Les usines chinoises du géant taïwanais de la tech Foxconn vont rester fermées jusqu’à la mi-février et certains employés ont été priés de ne pas reprendre le travail avant 14 jours supplémentaires, le temps de laisser passer la durée d’incubation du virus. Il existe un risque de réaction en cascade chez les fabricants de téléphones intelligents, d’écrans plats ou d’ordinateurs clients de Foxconn. Apple dit travailler sur des « plans d’atténuation » pour compenser la baisse de production de ses fournisseurs chinois et Adidas a décidé de fermer un nombre « considérable » de magasins en Chine.

Automobile

Épicentre de l’épidémie, Wuhan est également une plaque tournante pour les grands constructeurs automobiles américains, européens et asiatiques. Survenue en pleine période de vacances, la crise sanitaire a dans un premier temps eu un impact limité sur la production, même avec l’allongement forcé des congés, mais le virus se propage désormais aussi vite que les menaces potentielles qui pèsent sur les sous-traitants chinois.

Hyundai Motor a ainsi indiqué qu’il avait suspendu toute sa production en Corée du Sud du fait de ses difficultés d’approvisionnement en pièces chinoises. Tesla, pour sa part, a reconnu que l’épidémie pourrait reporter l’accélération de la cadence de production de sa nouvelle usine gigantesque de Shanghai et potentiellement peser sur les résultats du premier trimestre.

Aéronautique

Dans le domaine aéronautique, Airbus a fermé jusqu’à nouvel ordre sa ligne d’assemblage d’A320 à Tianjin, près de Pékin. L’équipementier français Safran a également mis à l’arrêt, jusqu’au 10 février, ses sites de production chinois, où il dispose d’une vingtaine de sites employant 2500 personnes.

Commerce

Starbucks, pour qui la Chine est le second marché mondial, a fermé la moitié de ses 4000 points de vente dans le pays. « Plusieurs centaines » de restaurants McDonald’s ont également fermé leurs portes dans la province du Hubei, dont Wuhan est la capitale. Mais 3000 autres restaurants restent ouverts. Pizza Hut et KFC ont aussi connu des fermetures d’enseignes, imposées par leurs coentreprises chinoises respectives.

L’équipementier sportif Nike, qui redoute un « fort impact » sur ses activités en Chine et à Taïwan, a fermé environ la moitié de ses magasins en Chine et constaté une chute des ventes dans ceux qui restent ouverts.