Teck veut être carboneutre

Une usine de Teck Resources propuisant du plomb et du zinc à Trail, en Colombie-Britannique
Photo: Darryl Dyck La Presse canadienne Une usine de Teck Resources propuisant du plomb et du zinc à Trail, en Colombie-Britannique

La société minière de Vancouver qui propose de construire l’immense projet de sables bitumineux Frontier dans le nord-est de l’Alberta s’est fixé pour objectif d’être carboneutre d’ici 2050.

Teck Resources, qui attend d’ici la fin février une décision du gouvernement fédéral au sujet de son projet Frontier, affirme qu’elle tentera d’atteindre son objectif en évitant d’abord de créer des émissions de gaz à effet de serre, puis en les éliminant ou en les minimisant.

Elle a précisé qu’elle examinerait d’autres moyens de déplacer les matériaux dans ses mines, en utilisant des sources d’énergie plus propres et en mettant en oeuvre des mesures d’efficacité.

Sobre en carbone

Teck s’est également engagée à produire plus de métaux nécessaires à la transition vers une économie sobre en carbone, notamment le cuivre pour les véhicules électriques et la production d’énergie renouvelable.

« Fixer l’objectif à un bilan carbone neutre d’ici 2050 est un important pas en avant dans notre engagement à réduire les émissions et à agir sur le changement climatique », a affirmé lundi le chef de la direction de Teck, Don Lindsay, dans un communiqué.

21,3 %
C’est ce que détient l’entreprise dans le projet de sables bitumineux de Fort Hills, exploité par Suncor Énergie.

« Le changement climatique est un défi mondial que notre entreprise et notre industrie doivent contribuer à résoudre. » Il n’était pas disponible pour une entrevue.

Lors d’une conférence d’investissement la semaine dernière à Banff, M. Lindsay a indiqué que l’obtention de l’approbation fédérale pour le projet Frontier ne signifiait pas nécessairement qu’il serait construit — la société aura également besoin d’un accès adéquat à un pipeline, de prix appropriés pour ses produits de base et d’un partenaire pour partager les coûts.

Mais selon Keith Stewart, un militant de Greenpeace, puisque Teck détient 21,3 % du projet de sables bitumineux de Fort Hills, exploité par Suncor Énergie, et qu’il cherche à faire réaliser le projet Frontier, son engagement est creux. « Si Teck est sérieux au sujet de cet engagement, alors elle doit se retirer du secteur pétrolier », a-t-il déclaré dans un courriel.

« Vous ne pouvez pas promettre d’arrêter d’utiliser des moteurs à combustion interne dans votre propre entreprise dans le cadre d’un plan zéro émission, puis sortir et investir 20 milliards pour construire une nouvelle exploitation de sables bitumineux de 260 000 barils par jour pour mettre de l’essence et du diesel dans les véhicules d’autres personnes pour les 50 prochaines années. »