Boeing affiche une première perte en 22 ans

L’immobilisation au sol du 737 MAX a conduit Boeing à en suspendre pour une durée indéterminée les livraisons et la production.
Photo: Darryl Dyck La Presse canadienne L’immobilisation au sol du 737 MAX a conduit Boeing à en suspendre pour une durée indéterminée les livraisons et la production.

L’avionneur Boeing a annoncé mercredi une perte nette de 636 millions de dollars pour 2019, la première en 22 ans, en raison des déboires de son 737 MAX cloué au sol depuis le 13 mars après deux accidents rapprochés ayant fait 346 morts.

En 2018, Boeing avait dégagé un bénéfice net de 10,5 milliards.

Le nouveau directeur général du groupe américain, David Calhoun, a tenté de se faire rassurant, affichant une certaine humilité après la gestion calamiteuse de la crise de son prédécesseur, Dennis Muilenburg, contraint au départ.

« Je mettrai du réalisme […] à chaque étape du processus [pour faire revoler le MAX] et j’écouterai tous ceux qui sont directement impliqués dans ce processus », a-t-il déclaré mercredi sur la chaîne de télévision CNBC. Promettant une écoute permanente pour aider « à résorber les angoisses », il a estimé que cela redonnera confiance en Boeing.

L’année 2019 est seulement le quatrième exercice déficitaire en 104 ans d’histoire pour le constructeur aéronautique américain. Cette perte est due à des charges supplémentaires d’environ 9,2 milliards de dollars, l’immobilisation au sol du MAX ayant conduit Boeing à en suspendre pour une durée indéterminée les livraisons et la production.

Facture salée

La facture s’élève désormais à 18,4 milliards, dont près de la moitié porte sur les indemnisations des compagnies aériennes contraintes d’annuler des dizaines de milliers de vols. Elle prend également en compte les coûts de production — puisque le MAX a continué à être produit jusqu’en décembre —, les aides potentielles aux sous-traitants et l’absence de suppressions d’emplois et de mesures de chômage technique.

Cette ardoise ne comprend pas toutefois des accords potentiels avec les familles des victimes et les autorités américaines, qui enquêtent sur les accidents et le développement du MAX.