Le consommateur canadien est-il essoufflé?

La progression des ventes au détail en novembre n’a pas permis de récupérer les pertes antérieures.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir La progression des ventes au détail en novembre n’a pas permis de récupérer les pertes antérieures.

Les bons chiffres sur l’emploi et sur le revenu disponible masqueraient un essoufflement des consommateurs canadiens. En y ajoutant les effets du ralentissement attendu au sud de la frontière, le risque de récession au Canada sur 12 mois atteint le niveau élevé de 40 %.

La firme de recherches Oxford Economics énumère une série de statistiques décevantes, qui indiqueraient une décélération de l’activité économique au Canada flirtant avec la contraction au dernier trimestre de 2019. Le secteur extérieur devrait être un frein, avec un recul des exportations de marchandises en novembre se poursuivant pour un troisième mois de suite. S’y greffe un repli des livraisons manufacturières, plombées momentanément par la grève au CN, maintenant sa tendance baissière depuis mai.

Les ventes des grossistes étaient en baisse en novembre pour une troisième fois en quatre mois, alors que la progression des ventes au détail au cours du même mois n’a pas permis de récupérer les pertes antérieures. Et Oxford de se demander si la consommation canadienne ne s’est pas essoufflée au dernier trimestre.

L’économiste Krishen Rangasamy, de la Banque Nationale, soulève la même interrogation. Malgré une économie canadienne ayant créé quelque 300 000 emplois l’an dernier, malgré, aussi, la hausse du revenu personnel disponible, une accélération de l’inflation et un niveau de confiance au plafond, la consommation des ménages n’y a pas fait écho.

L’économiste y voit l’impact d’un accroissement de l’endettement gonflé par la flambée du prix des propriétés résidentielle. La nouvelle poussée du crédit hypothécaire, observable depuis le printemps, coïncide avec un recul de la progression du crédit à la consommation, tombée à son niveau le plus faible en cinq ans, fait-il remarquer.

Dans ses projections Oxford estime que le PIB augmentera sous son potentiel en 2010, à 1,4 %, aidé en cela par deux baisses, de 25 points chacune, du taux cible de la Banque du Canada.