Une enquête en Inde pourrait nuire au papier journal canadien

Déjà accablée par plusieurs années de difficultés, l’industrie canadienne du papier journal pourrait bientôt se heurter à de nouveaux obstacles.
Photo: Catherine Legault Le Devoir Déjà accablée par plusieurs années de difficultés, l’industrie canadienne du papier journal pourrait bientôt se heurter à de nouveaux obstacles.

Déjà accablée par plusieurs années de difficultés, l’industrie canadienne du papier journal pourrait bientôt se heurter à de nouveaux obstacles compte tenu de récents événements, y compris une possible enquête antidumping en Inde, a indiqué lundi un analyste financier.

L’industrie indienne a déposé une demande aux autorités commerciales de son pays, ce qui pourrait nuire aux importations de papier journal en provenance de cinq pays, dont le Canada, et fait suite à l’imposition, l’été dernier, d’un tarif de 10 % sur toutes les importations de papier journal, a expliqué l’analyste Paul Quinn, de RBC Dominion valeurs mobilières. Selon M. Quinn, le Canada est le deuxième fournisseur de papier journal de l’Inde, et le montréalais Produits forestiers Résolu est l’un des principaux exportateurs de ce produit vers ce pays.

Parallèlement, il cite des statistiques récentes du Conseil des produits des pâtes et papiers, qui montrent que la demande de papier journal en Amérique du Nord a chuté de 14 % en 2019 tandis que les stocks ont augmenté de plus de 20 %. Pris ensemble, ces deux éléments annoncent une baisse des prix. La demande pourrait diminuer davantage, souligne M. Quinn, si McClatchy Company, propriétaire du Miami Herald et deuxième éditeur de papier journal aux États-Unis, succombait à ses problèmes financiers bien connus.

Il dit que certains prix du papier journal en Amérique du Nord ont chuté de 10 $ US à 15 $ US la tonne en janvier, ce qui vient s’ajouter à une baisse d’environ 12 % d’une année à l’autre et alimenter la rumeur d’une nouvelle baisse de prix le mois prochain.

L’acier aussi

L’acier aussi se plaint de mesures de rétorsion internationales, cette fois venant des États-Unis. « L’Institut canadien de la construction en acier, ses membres et l’industrie canadienne de l’acier sont très déçus de la décision finale annoncée le 24 janvier par le département américain du commerce (DAC) d’imposer des droits antidumping sur l’acier de construction fabriqué au Canada. L’industrie sidérurgique canadienne croit fermement que les calculs des droits annoncés contre le Canada sont illégaux et elle poursuivra activement ses efforts pour corriger cette constatation, dénonce l’association, dans un communiqué.

La Commission du commerce international (CCI) des États-Unis entendra le dossier commercial imposé au Canada, au Mexique et à la Chine le 28 janvier 2020, où elle évaluera les préjudices passés et futurs contre l’industrie nationale. « Selon la décision de la CCI, le Canada pourrait devoir payer des droits de 6,7 % sur les exportations d’acier de construction vers les États-Unis. »

Le différend vient du dépôt, le 4 février 2019, par l’American Institute of Steel Construction, d’une pétition visant l’imposition de droits d’antidumping et compensateurs sur l’acier de construction provenant du Canada, du Mexique et de la Chine. Sept mois plus tard, le DAC concluait qu’il y avait peu de preuve de dumping aux États-Unis, voire aucune, rappelle l’Association.


Avec Le Devoir