Nouvelle série de licenciements chez Nemaska Lithium

Motivée par la croissance du marché des batteries pour véhicules électriques et du stockage d’énergie, la société décrit le gisement de lithium de son projet Whabouchi comme étant le deuxième en importance au monde.
Photo: Nemaska Lithium Motivée par la croissance du marché des batteries pour véhicules électriques et du stockage d’énergie, la société décrit le gisement de lithium de son projet Whabouchi comme étant le deuxième en importance au monde.

Protégée de ses créanciers depuis le mois de décembre, Nemaska Lithium a annoncé lundi le licenciement de la moitié de son personnel dans le cadre de sa réorganisation financière et des efforts visant à redémarrer son projet de mine et d’usine de traitement. La décision touche 29 des 60 employés de la compagnie.

Nemaska, dont Investissement-Québec est le plus grand actionnaire avec un bloc de 13 %, a indiqué que la décision fait suite à un examen nécessaire « pour assurer le développement du projet Whabouchi, tout en préservant ses liquidités en prévision de l’examen d’alternatives disponibles, incluant tout refinancement permettant une relance ordonnée du projet ».

La construction de la mine, située à la Baie-James, est complétée à 52 %, selon un rapport produit en décembre par le syndic PricewaterhouseCoopers. Le document expliquait du même souffle que la construction de l’usine électrochimique, située à Shawinigan, est complétée à 4 %. Motivée par la croissance du marché des piles pour véhicules électriques et du stockage d’énergie, la société décrit le gisement de lithium comme étant le deuxième en importance au monde.

La facture finale

Cette nouvelle série de compressions budgétaires survient trois mois après l’annonce du licenciement de 64 employés. « C’est avec beaucoup de tristesse que nous devons laisser partir nos collègues. Leur travail acharné au fil des ans, dans des contextes parfois laborieux, nous a permis d’avancer le projet Whabouchi au maximum en attendant le financement requis pour le compléter. Je tiens à les remercier sincèrement pour leur importante contribution », a déclaré dans un communiqué le président et chef de la direction, Guy Bourassa. « Cette difficile décision était inévitable à ce stade-ci. »

29
C’est le nombre d’employés, sur les 60 que compte la compagnie, qui sont touchés par la décision, trois mois après l’annonce du licenciement de 64 autres travailleurs.

Le projet devait initialement coûter 875 millions de dollars, mais Nemaska Lithium a révélé en février 2019 qu’il faudrait ajouter 375 millions à la facture finale. Le groupe d’investissement britannique Pallinghurst a évoqué l’an dernier une injection potentielle de 600 millions. Cependant, la période de discussions exclusives est venue à échéance à la fin du mois de décembre 2019. Pallinghurst a choisi de ne pas prolonger cette période d’exclusivité.

La compagnie est également impliquée dans un bras de fer avec le fiduciaire de titres obligataires valant 350 millions $US émis en 2018. Le projet n’ayant pas été complété, Nemaska n’a pas utilisé cette somme pour le projet et estime avoir été libérée de ses obligations. Le fiduciaire, Nordic Trustee AS, croit cependant que Nemaska devrait payer une pénalité de 93 millions $US. Le dossier doit revenir en Cour supérieure le mois prochain.

Nemaska Lithium a récemment annoncé la nomination de Jacques Mallette à la présidence du conseil d’administration. M. Mallette dirigeait Québecor World lorsque l’entreprise a traversé une importante restructuration dans les années 2000.