L’usine de Mega Bloks à Montréal fermera ses portes

Mattel avait acquis Mega Brands, et du coup sa marque de commerce Mega Bloks, pour 460 millions $US en 2014.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Mattel avait acquis Mega Brands, et du coup sa marque de commerce Mega Bloks, pour 460 millions $US en 2014.

L’usine de Mega Bloks située à Montréal réduira ses activités manufacturières à compter du mois de septembre, en route vers une fermeture au premier trimestre de 2021, une décision du géant américain Mattel qui entraînera le licenciement de 580 employés sur quelques mois.

Mattel, qui a acquis Mega Brands pour 460 millions $US en 2014, a indiqué dans un communiqué vendredi que le geste s’inscrit dans un « effort de maximisation de l’efficience de notre chaîne d’approvisionnement globale ». La décision, d’abord éventée par La Presse, ne touche pas le groupe de 235 employés oeuvrant dans les services corporatifs, de design et de développement.

« Ce fut un privilège d’avoir des activités manufacturières à Saint-Laurent. Dans un effort de maximisation de l’efficience de notre chaîne d’approvisionnement globale, dans l’ensemble de l’entreprise, nous consoliderons nos activités manufacturières ayant cours à Saint-Laurent avec celles d’autres usines de notre réseau. Nous sommes reconnaissants de l’importante contribution que l’équipe manufacturière de Saint-Laurent a apportée à Mega », a indiqué un porte-parole de Mattel dans une déclaration écrite.

L’ancêtre de Mega Bloks, Ritvik, a été fondé en 1967 par Victor et Rita Bertrand. Les autres établissements capables de produire les petits blocs de couleur qui ont fait la réputation de la compagnie, concurrent de Lego, sont situés en Chine et au Mexique, selon un porte-parole.

Outre Mega Bloks, l’immense portefeuille de Mattel comprend les produits Barbie, Hot Wheels, Uno et Fisher-Price. Au troisième trimestre de 2019, plus de la moitié de ses revenus ont été générés en Amérique du Nord, comparativement à 25 % pour les pays d’Europe et du Moyen-Orient, à 13 % en Amérique latine et à 6 % dans l’Asie-Pacifique.

La catégorie des figurines et des jeux de construction se classait au quatrième rang des ventes de Mattel, un palmarès dominé par les poupées et les produits divers pour tout-petits. La compagnie croit que ses revenus de 2019 seront supérieurs à 5 milliards $US. À court et moyen termes, a-t-elle indiqué au mois d’octobre, ses priorités consistent à renforcer la rentabilité et à accroître ses revenus.

Le cours de l’action de Mattel a terminé en baisse de 1 % à 14,28 $US vendredi sur le Nasdaq. Il a perdu environ 48 % depuis quatre ans.

Acquisition

Lorsque Mattel a fait l’acquisition de Mega Brands en 2014, le président et chef de la direction de l’entreprise montréalaise, Marc Bertrand, avait évoqué à l’époque une « excellente transaction ». « Il n’existe pas de meilleur partenaire pour le futur », avait affirmé M. Bertrand lors d’une conférence téléphonique, car cela permettrait à Mega Brands d’étendre sa portée dans des marchés clés comme le Brésil et l’Asie.

« Nous accueillons nos nouveaux collègues et nos nouvelles marques de commerce de Mega Brands avec un énorme respect pour ce qu’ils ont bâti et un grand enthousiasme pour ce que nous pouvons bâtir ensemble », avait affirmé le p.-d.g. de Mattel, Bryan Stockton. Les négociations s’étaient étirées sur quelques mois, mais les discussions avaient débuté un an plus tôt.