Le syndicaliste Fernand Daoust meurt à l’âge de 93 ans

Fernand Daoust (à gauche) a été fait chevalier de l'Ordre national du Québec en 2001, à l’époque où Bernard Landry était premier ministre du Québec.
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne Fernand Daoust (à gauche) a été fait chevalier de l'Ordre national du Québec en 2001, à l’époque où Bernard Landry était premier ministre du Québec.

Fernand Daoust, qui a marqué l’histoire du syndicalisme québécois pendant plusieurs décennies en oeuvrant à la FTQ, est décédé à l’âge de 93 ans.

On ignore la cause de la mort, mais on savait Fernand Daoust malade depuis un certain temps. La FTQ a fait savoir jeudi que les détails de ses funérailles seront rendus publics par voie de communiqué plus tard dans la semaine.

Attristé, le président de la FTQ, Daniel Boyer, écrit dans un communiqué que M. Daoust était un homme profondément attachant qui a consacré sa vie à faire du Québec une société moderne, plus juste et plus démocratique, et de la FTQ la grande centrale qu’elle est devenue aujourd’hui. Le secrétaire général, Denis Bolduc, ajoute que c’est une page importante de l’histoire du Québec et du mouvement syndical qui se tourne avec le départ de Fernand Daoust, qui a été de tous les combats du Québec moderne.

Le président de la CSN, Jacques Létourneau, ajoute sa voix aux témoignages. « Sa défense de l’identité d’un syndicalisme bien québécois en Amérique du Nord aura également marqué l’ensemble du mouvement syndical du Québec. » Son homologue à la Centrale des syndicats du Québec, Sonia Ethier, évoque « un parcours hors du commun, jalonné de luttes pour la justice sociale et les droits du travail », soulignant également qu’il laisse une empreinte dans le monde syndical québécois marqué par « ses nombreux combats pour l’amélioration des conditions de travail, mais particulièrement en faveur de la défense de la langue française ».

Au Fonds de solidarité, le président du conseil, Claude Séguin, a rappelé que M. Daoust « a été parmi les visionnaires qui ont lancé le Fonds de solidarité FTQ, aux côtés de son acolyte de toujours, Louis Laberge ». « Les travailleurs et entrepreneurs du Québec peuvent compter aujourd’hui sur une organisation unique de développement socio-économique », a renchéri le président et chef de la direction de l’institution, Gaétan Morin, qui ajoute : « Merci, Monsieur Daoust ! »

Fernand Daoust a été secrétaire du conseil d’administration du Fonds de solidarité FTQ dès sa création en 1983, et ce, jusqu’en 1993. Il est alors devenu président du conseil d’administration, poste qu’il a occupé jusqu’en 1996.

Action syndicale

L’action syndicale de Fernand Daoust s’est étendue de 1950 à 1993. Dans l’esprit populaire, « le grand Fernand » est indissociable de « Ti-Louis », Louis Laberge, son « acolyte » à la tête de la plus grande centrale syndicale du Québec. Sa vie professionnelle a été marquée par deux grandes causes : la défense des travailleurs et la défense de la langue française.

Il est né le 26 octobre 1926 d’un père facteur et d’une mère qui travaillait dans des ateliers de couture. Il a étudié en sciences économiques et en relations industrielles à la Faculté des sciences sociales de l’Université de Montréal. Il a fait ses premières armes au sein du mouvement syndical en 1950, à sa sortie de l’université. En octobre 1964, il a été battu par une seule voix au poste de président de la FTQ par celui qui allait devenir son complice pendant un quart de siècle, Louis Laberge, décédé en 2002. Il est devenu secrétaire général de la FTQ en 1969, occupant cette fonction de numéro deux jusqu’en 1991 avant d’accéder à la présidence. À ce titre, il était également vice-président provincial du Congrès du travail du Canada, la grande centrale pancanadienne.

Intellectuel nationaliste

Très nationaliste, Fernand Daoust incarnait l’intellectuel réservé, diplomate, affable. Son arrivée à la présidence de la FTQ en 1991 a coïncidé avec l’engagement plus évident de la centrale syndicale en faveur de la souveraineté du Québec. Mais sur le plan politique, il a été proche du Nouveau Parti démocratique (NPD). En 1962 et 1963, M. Daoust avait même été candidat pour le NPD au Québec.

En 1998, il avait reçu le titre de patriote de l’année de la Société Saint-Jean-Baptiste — un titre décerné à une personne qui s’est distinguée dans la défense des intérêts du Québec et des luttes démocratiques des peuples. Il a également été fait chevalier de l’Ordre national du Québec en 2001.

Avec Le Devoir