L’offre de véhicules électriques est insuffisante, selon Hydro-Québec

Le nombre de véhicules électriques sur les routes du Québec est passé de 8000 en 2015 à plus de 66 000 en décembre 2019, selon Hydro-Québec.
Photo: Catherine Legault Archives Le Devoir Le nombre de véhicules électriques sur les routes du Québec est passé de 8000 en 2015 à plus de 66 000 en décembre 2019, selon Hydro-Québec.

Le gouvernement du Québec aurait intérêt à resserrer les règles qui obligent les constructeurs à vendre une certaine quantité de véhicules électriques, car un « problème de disponibilité » observé dans le marché décourage les acheteurs potentiels, a mentionné Hydro-Québec jeudi lors de la commission parlementaire au sujet du projet de loi 44.

Ces propos surviennent deux ans après l’entrée en vigueur de certains quotas que doivent atteindre les constructeurs au Québec, à défaut de quoi ceux n’étant pas en mesure de le faire — soit par des ventes trop faibles de modèles existants, soit par l’absence de modèles — doivent acheter des crédits auprès du gouvernement ou de leurs concurrents.

« La loi actuelle oblige les constructeurs automobiles à constituer un certain pourcentage de leurs ventes de véhicules électriques. Or, le pourcentage exigé présentement n’est pas assez élevé ni pour répondre à la demande des clients ni pour que la norme permette d’atteindre, à elle seule, la cible du gouvernement du Québec d’un million de véhicules électriques d’ici 2030 », a dit la directrice de l’électrification des transports chez Hydro-Québec, France Lampron.

Puisque le projet de loi 44 modifie notamment la Loi visant l’augmentation du nombre de véhicules zéro émission (VZE), « le moment est idéal pour modifier la loi de façon à remédier à cette situation. La manière d’y arriver consisterait à changer la valeur des crédits attribuables aux différents types de véhicules rechargeables », a ajouté Mme Lampron.

Le projet de loi 44 est celui mis en avant par le gouvernement Legault en 2019 afin de changer le fonctionnement du financement des initiatives dans la lutte contre les changements climatiques. La Commission des transports et de l’environnement a accueilli de nombreux groupes cette semaine, dont des représentants des milieux des affaires, municipal, syndical, universitaire et environnemental. Deux autres journées de travaux sont prévues, les 4 et 5 février.

Forte croissance

Le nombre de véhicules électriques sur les routes du Québec est passé de 8000 en 2015 à plus de 66 000 en décembre 2019, selon les données d’Hydro-Québec, propriétaire du réseau de bornes Circuit électrique. Il y a quelques années, dans le cadre des efforts visant à réduire les émissions de GES dans le secteur du transport, le gouvernement a établi l’objectif d’avoir 300 000 véhicules électriques d’ici 2026, qu’ils soient entièrement électriques ou hybrides rechargeables.

Selon la norme VZE de janvier 2018, un constructeur doit accumuler des crédits qui sont décernés en fonction de l’autonomie des voitures vendues et louées. En 2018, par exemple, ces crédits étaient de 3,5 %, mais il est prévu que le pourcentage grimpe graduellement jusqu’à 22 % en 2025.

Au moment où les élus se penchaient sur le projet de loi, en 2017, l’Association des véhicules électriques du Québec (AVEQ) avait plaidé pour des règles plus strictes, alors que l’industrie, tout en se disant favorable à l’électrification des transports, faisait valoir le besoin d’offrir aux constructeurs un peu de flexibilité. À ce jour, certains constructeurs n’ont aucun véhicule électrique parmi les modèles de leurs salles de montre.

En guise de comparaison pour illustrer la place occupée par les 66 000 véhicules électriques en circulation au Québec, le parc automobile compte 4,8 millions de véhicules de promenade. De ce nombre, 2,8 millions sont des automobiles tandis que 1,9 million sont des camions légers.

Le représentant d’un groupe de constructeurs a affirmé au Devoir la semaine dernière que l’industrie a fait des progrès dans la disponibilité des modèles chez les concessionnaires. Tout en saluant l’émergence des véhicules, au final, avait-il mentionné, ces voitures représentent « 2 % ou 3 %, peut-être 4 % » des ventes.