Le Boeing 737 MAX ne revolera pas avant la mi-2020

La compagnie American Airlines avait annulé les vols de Boeing 737 MAX jusqu’au début de juin et devrait par conséquent revoir ce calendrier.
Photo: Tom Gilbert Tulsa World via Associated Press La compagnie American Airlines avait annulé les vols de Boeing 737 MAX jusqu’au début de juin et devrait par conséquent revoir ce calendrier.

Le Boeing 737 MAX ne revolera pas avant mi-2020, a annoncé mardi l’avionneur américain. Boeing serait également en discussion avec de grands noms de Wall Street pour emprunter au moins 10 milliards afin de faire face aux coûts liés à cette crise.

« Nous sommes en train d’informer nos clients et nos sous-traitants que nous estimons actuellement que la levée de l’interdiction du 737 MAX ne commencera qu’à partir de mi-2020 », a déclaré le géant de Seattle dans un communiqué. Ce report n’était pas dû à un « nouveau problème », mais aux risques attachés à la procédure d’approbation par les autorités de l’aviation civile et de possibles nouveaux développements dans cette crise. « C’est aussi à cause de l’examen rigoureux que les autorités de l’aviation civile effectue, et avec raison, à chaque étape de l’inspection » de l’avion, a souligné Boeing.

L’agence fédérale de l’aviation (FAA) a fait savoir qu’elle n’avait pas encore fixé de calendrier : « La priorité de la FAA est la sécurité », a expliqué le régulateur aérien dans un communiqué.

Cette annonce est un véritable casse-tête pour les compagnies aériennes puisqu’elles ne pourront pas compter sur le MAX en pleine saison des grands déplacements d’été. Une fois l’interdiction de vol levée, il faut au moins un à deux mois aux compagnies pour préparer les avions et s’assurer qu’ils fonctionnent normalement, ont-elles déjà prévenu. American Airlines, United et Southwest avaient annulé les vols sur le MAX jusqu’au début de juin et devraient par conséquent revoir ce calendrier.

Besoin de 10 milliards

Dans la foulée, le constructeur aéronautique est en discussion avec des grands noms de Wall Street pour emprunter au moins 10 milliards $US afin de faire face aux coûts liés au MAX, ont indiqué à l’AFP des sources bancaires. Boeing a obtenu pour l’instant l’assurance de recevoir une ligne de crédit de 6 milliards des banques, a affirmé une des sources. JPMorgan Chase, Bank of America Merrill Lynch, Citigroup et Wells Fargo font partie des banques ayant déjà promis des fonds à l’avionneur.

La facture s’élève pour l’instant à plus de 9,2 milliards, mais les analystes s’attendent à ce qu’elle s’envole. Le manque à gagner est d’environ 1 milliard par mois depuis l’immobilisation, calculent les analystes de JPMorgan. Outre l’absence de recettes, Boeing doit indemniser les compagnies aériennes clientes et ses fournisseurs. Le géant de Seattle fait également face aux plaintes des familles des victimes et aux enquêtes des autorités américaines, notamment.

Vol inaugural du 777X

Dans un autre ordre d’idées, après de nombreux mois de retard, Boeing a programmé pour jeudi le vol inaugural du long courrier 777X, remplaçant de l’emblématique 777. Ce vol aura lieu dans la région de Seattle, où Boeing dispose d’un aéroport géant, Boeing Field, ont indiqué mardi à l’AFP sous couvert d’anonymat des sources proches du dossier. La date peut encore changer en fonction de la météo, ont-elles ajouté. Le vol inaugural du 777X était initialement prévu à l’été 2019, mais avait dû être reporté en raison de problèmes avec le nouveau moteur GE9X, fabriqué par General Electric, et de difficultés avec les ailes et la validation des logiciels.

Si tout se passe bien, Boeing déposera alors, dans les prochains mois, tous les documents en vue de l’homologation de cet avion par les autorités de l’aviation civile, notamment auprès de la FAA, pour une entrée en service de cet aéronef en 2021. Les premières livraisons ne sont pas attendues avant le « début de 2021 », au lieu de mi-2020 comme c’était prévu initialement, car la période des vols d’essai devrait être allongée et la procédure d’homologation, approfondie.

Le 777X est censé conforter la domination de Boeing sur Airbus dans le long-courrier, position fragilisée par la réduction prochaine des taux de production du 787 « Dreamliner », faute de commandes fermes de la Chine. Le 777X, qui peut transporter de 384 à 426 passagers, est censé concurrencer l’A350 de l’avionneur européen Airbus.

Avec Le Devoir