Les entreprises du secteur de l’hydrogène au Québec créent une coalition

L'un des 50 véhicules Toyota Mirai acquis par le gouvernement du Québec.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L'un des 50 véhicules Toyota Mirai acquis par le gouvernement du Québec.

Des acteurs du secteur de l’hydrogène ont récemment décidé de regrouper leurs efforts pour faire la promotion de ce carburant comme outil dans la transition énergétique et filière que le Québec pourrait développer davantage.

L’organisation Hydrogène Québec, qui réunit notamment Air Liquide, Toyota, Harnois Énergies et Filgo-Sonic, a dévoilé mercredi un livre blanc dans lequel on peut lire que les « surplus hydroélectriques pouvant servir à la production d’hydrogène propre et bon marché » procurent au Québec un avantage stratégique.

L’objectif du regroupement consiste entre autres à « concentrer les efforts pour attirer des investissements dans l’hydrogène pour des nouveaux projets de mobilité et d’infrastructures », a dit en entrevue Michel Archambault, porte-parole d’Hydrogène Québec et directeur développement des affaires chez Hydrogenics, qui fait partie de la coalition. Celle-ci regroupe aussi HTEC (stations de recharge), Hyundai et Messer (gaz industriels).

L’annonce survient un mois après la publication du Plan stratégique 2020-2024 d’Hydro-Québec, dans lequel l’« hydrogène propre », produit par électrolyse et non avec du méthane, est présenté comme une avenue intéressante, alors que le Plan stratégique 2016-2020 n’en faisait pas mention. De son côté, le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, a discuté d’hydrogène avec Toyota lors de sa tournée asiatique en décembre.

« Le développement des énergies solaire, éolienne et hydroélectrique est à l’ordre du jour, mais leur caractère intermittent occasionne des difficultés d’ajustement de l’offre et de la demande », indique le livre blanc, écrit par Jacques Roy, du Département de gestion des opérations et de la logistique à HEC Montréal, et Marie Demers, chercheuse associée au CHUS de l’Université de Sherbrooke. Le stockage des surplus sous forme d’hydrogène, lequel pourrait même être exporté, est présenté comme une « nouvelle voie » dans la décarbonisation de l’économie.

Diverses mesures de stimulation

Parmi les idées proposées, les auteurs avancent l’idée de produire une « feuille de route de l’hydrogène avec des objectifs et des cibles », le soutien à la production d’hydrogène basée sur des énergies renouvelables, des mesures d’appui à la recherche et développement, le déploiement d’un réseau de stations de recharge et la conversion de différentes flottes de véhicules.

À l’heure actuelle, le gros de l’hydrogène produit au Québec provient de Bécancour, aux installations d’Air Liquide. De leur côté, la société européenne Hy2gen et le producteur d’éthanol Greenfield Global travaillent sur un projet d’usine à Varennes. Quant à la recharge pour véhicules, Harnois énergies a inauguré l’an dernier une station située à Québec. Celle-ci alimente les 50 voitures Mirai acquises par le gouvernement québécois auprès de Toyota.

L’abondance d’hydroélectricité au Québec est un actif stratégique capital, a souligné l’an dernier le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien, en commission parlementaire. « Ça nous positionne très, très avantageusement par rapport à la production, de façon centralisée ou non, de l’hydrogène, et, quand on se compare, on dit : “Heille ! On a une super-richesse avec l’hydroélectricité, on a un fort potentiel.” »