L’environnement préoccupe plus que jamais le Forum de Davos

Le Forum de Davos se tiendra dans la station de ski des Alpes suisses du 21 au 24 janvier.
Photo: Fabrice Coffrini Agence France-Presse Le Forum de Davos se tiendra dans la station de ski des Alpes suisses du 21 au 24 janvier.

Les problèmes environnementaux monopolisent les premiers rangs des principaux risques que court le monde, selon le Forum de Davos.

Signe de la gravité de la situation ou de l’ampleur de la prise de conscience au sein d’une certaine élite internationale, les phénomènes météorologiques extrêmes, l’échec de l’action climatique, les catastrophes naturelles, la perte de biodiversité et les catastrophes environnementales causées par l’être humain accaparent les cinq premières places des risques mondiaux les plus probables et trois des cinq risques aux répercussions potentielles les plus grandes du rapport annuel du Forum économique mondial sur les risques mondiaux, dévoilé ce mercredi. C’est du jamais vu en 15 ans d’histoire de ce classement qui relève aussi des dizaines d’autres menaces cette année, dont celles des armes de destruction massive, d’une crise de l’eau et des cyberattaques.

Il est inquiétant de constater que la fracture de la communauté internationale ne semble que se creuser

 

« Les changements climatiques frappent plus fort et plus vite que beaucoup s’y attendaient. Les cinq dernières années sont en voie d’être les cinq plus chaudes jamais enregistrées, les catastrophes naturelles se font plus intenses et fréquentes et la dernière année a été marquée par des événements météorologiques extrêmes sans précédent dans le monde », y observe-t-on.

« Les dix prochaines années détermineront les perspectives climatiques pour le reste du siècle », poursuit-on, avec tout ce que cela implique non seulement pour l’économie et la finance, mais aussi les migrations, la santé, la biodiversité, et même la paix dans le monde. Or, l’humanité se dirige actuellement vers une augmentation de la température d’au moins 3 °C, soit le double de la limite à ne pas dépasser, selon les scientifiques.

Fracture internationale

Mais ce n’est pas le seul problème auquel fait face le monde, poursuit le rapport qui se base sur l’opinion d’environ un millier d’experts et de décideurs d’un peu tous les domaines et de tous les pays, mais majoritairement issus des pays dits développés et provenant pour un tiers des milieux d’affaires. Soudainement en panne de croissance, l’économie mondiale est aussi menacée de connaître une décennie de stagnation semblable à celle des années 1970. Il faudrait également parler de la dette publique et privée qui ne cesse de grossir, du vent de mécontentement populaire qui souffle sur les gouvernements, ou encore des nouvelles technologies numériques qui ne font que commencer à tout bouleverser sur leur chemin.

« Devant de tels développements, et au moment où les défis qui se posent à nous commanderaient une action collective immédiate, il est inquiétant de constater que la fracture de la communauté internationale ne semble que se creuser », déplore dans le rapport Børge Brende, le président, depuis 2017, du Forum économique mondial.

Donald et Greta

Placé sous le thème cette année d’un « monde plus solidaire et durable », le Forum de Davos se tiendra dans la station de ski des Alpes suisses du 21 au 24 janvier. Quelque 2800 participants y sont attendus dont une cinquantaine de chefs d’État et de gouvernement. Le président américain, Donald Trump, et la jeune militante pour le climat, Greta Thunberg, feront partie du nombre.

L’Américain pourrait s’y sentir moins à sa place que la Suédoise. De tous les risques mondiaux répertoriés dans le rapport du Forum, les deux que les répondants à son enquête voient s’aggraver le plus cette année sont les affrontements économiques entre les grandes puissances et la polarisation de la politique intérieure. Le rapport n’est pas tendre non plus pour ceux qui ont « transformé le commerce d’instrument de coopération en arme de rivalité » et qui remettent en cause les institutions multilatérales et l’action collective internationale au nom d’une vision « unilatérale et compétitive » du monde.