Le nouveau patron de Boeing promet transparence et humilité

Les déboires du 737 MAX ont déjà coûté 9,2 milliards de dollars à Boeing et la facture devrait encore augmenter.
Photo: Jim Watson Agence France-Presse Les déboires du 737 MAX ont déjà coûté 9,2 milliards de dollars à Boeing et la facture devrait encore augmenter.

David Calhoun a officiellement pris lundi ses fonctions de directeur général de Boeing et promis une nouvelle ère d’humilité et de transparence chez l’avionneur, qui traverse la plus grave crise de ses 103 ans d’histoire à cause des déboires du 737 MAX.

« C’est une période cruciale pour Boeing », écrit M. Calhoun, 62 ans, aux 150 000 employés du groupe, dans un courriel où reviennent les mots « transparence » et « responsabilité ». « Ensemble, nous allons renforcer notre approche de la sécurité [des avions], améliorer la transparence et reconstruire la confiance avec nos clients, nos régulateurs, nos sous-traitants et les voyageurs », déclare cet ancien cadre dirigeant de General Electric et de la société d’investissements Blackstone. « J’ai confiance en l’avenir de Boeing, y compris dans le 737 MAX », souligne-t-il, alors que l’avionneur travaille à obtenir une remise en service du 737 MAX, cloué au sol depuis dix mois après deux accidents rapprochés ayant fait 346 morts.

Photo: Toru Yamanaka Agence France-Presse David Calhoun

Une semaine mouvementée

Le dirigeant prend ses fonctions après une semaine mouvementée pour Boeing, marquée par la divulgation de messages embarrassants d’employés dans lesquels ils se moquent des régulateurs et des compagnies aériennes, et s’interrogent sur les compétences de leurs collègues ingénieurs. « Ceci est une plaisanterie », écrivait un employé en septembre 2016, en référence au 737 MAX. « Cet avion est ridicule ». « Design nul », fustigeait un autre en avril 2017.

Les déboires du 737 MAX ont déjà coûté 9,2 milliards de dollars à Boeing, et la facture devrait encore augmenter lors de la publication des résultats du quatrième trimestre le 29 janvier. Le constructeur aéronautique a suspendu les livraisons et la production, mais n’a ni licencié des employés ni pris de mesures de chômage technique. Il discute de potentielles indemnisations avec les compagnies aériennes, qui ont dû annuler des milliers de vols, et fait face aux plaintes des familles de victimes, aux enquêtes des autorités américaines ainsi qu’à la fragilisation de ses sous-traitants.

« La remise en service du 737 MAX en toute sécurité doit être notre objectif principal », a martelé M. Calhoun.