Mises à pied chez des fournisseurs du Boeing 737 MAX

Dans la foulée de deux écrasements mortels, Boeing avait annoncé, mi-décembre, l’arrêt de la production de son avion vedette à partir de janvier 2020, pour une durée indéterminée.
Photo: Ted S. Warren Associated Press Dans la foulée de deux écrasements mortels, Boeing avait annoncé, mi-décembre, l’arrêt de la production de son avion vedette à partir de janvier 2020, pour une durée indéterminée.

GE Aviation a décidé de mettre à pied 13 % du personnel de production à son usine de Bromont, vraisemblablement en raison de la suspension de la production de l’avion 737 MAX de Boeing. Aux États-Unis, Spirit AeroSystems doit licencier environ 16 % de ses effectifs.

Les 70 employés concernés à Bromont ont été prévenus vendredi, a fait savoir par courriel le porte-parole de GE Aviation, Perry Bradley, en évoquant la nécessité, pour l’entreprise, d’adapter sa cadence de production aux conditions de marché. Celui-ci a souligné que la situation était « temporaire ».

General Electric et Safran Aircraft Engine détiennent conjointement CFM International, qui construit les moteurs des 737 MAX, cloués au sol depuis mars 2019 dans la foulée de deux écrasements mortels. « CFM travaille en étroite collaboration avec Boeing, les compagnies aériennes qui sont clientes chez nous ainsi que nos fournisseurs dans la foulée de la récente décision » de l’avionneur américain prise le mois dernier, a écrit M. Bradley.

Un peu moins de 600 personnes sont affectées à la production chez GE Aviation à Bromont. L’effectif total du site est estimé à environ 900 employés. GE Aviation avait obtenu une subvention de 12 millions de la part du gouvernement québécois en 2017 dans le cadre d’un investissement de 238 millions à son usine de Bromont visant à créer 115 nouveaux emplois. L’argent devait notamment servir à acquérir des équipements pour la fabrication de composantes de moteurs de nouvelle génération qui sont destinés aux appareils Boeing 737, Airbus A320neo et Comac C919.

2800 licenciements aux États-Unis

De son côté, le groupe américain Spirit AeroSystems a annoncé devoir licencier environ 16 % de ses effectifs en raison de la suspension de la production de l’appareil 737 MAX, cloué au sol depuis mars 2019 après les deux drames qui ont fait un total de 346 victimes. Les licenciements concernent 2800 salariés de l’usine de Spirit Aerosystems située à Wichita, dans le Kansas, mais le groupe prévoit d’autres suppressions d’emplois d’ici la fin du mois dans ses usines de Tusla et McAlester dans l’Oklahoma, précise un communiqué.

Cette décision difficile est une étape nécessaire étant donné l’incertitude liée à la fois à la date de la reprise de la production du 737 MAX et aux rythmes de la production

« Cette décision difficile est une étape nécessaire étant donné l’incertitude liée à la fois à la date de la reprise de la production du 737 MAX et aux rythmes de la production » une fois que Boeing recommencera à fabriquer des appareils, a commenté Tom Gentile, le directeur général de Spirit Aerosystems, qui emploie actuellement plus de 18 000 personnes dans le monde, selon son site.

Boeing avait annoncé la suspension des livraisons des 737 MAX dès le 14 mars 2019, au lendemain de l’immobilisation des appareils partout dans le monde, mais avait dans un premier temps maintenu la production à 52 exemplaires par mois. Après un ralentissement des cadences, le constructeur avait finalement annoncé, mi-décembre, l’arrêt de la production de son avion vedette à partir de janvier 2020, pour une durée indéterminée.

Or le 737 MAX représente plus de 50 % du chiffre d’affaires de Spirit Aerosystems, qui fabrique notamment pour Boeing le fuselage des appareils, les pylônes de moteur et des éléments des ailes. Le groupe assure avoir tenté de minimiser l’impact de sa soudaine baisse d’activité en transférant certains salariés sur d’autres programmes et en organisant des salons de l’emploi avec d’autres entreprises du secteur aéronautique.

Le constructeur américain a pour sa part assuré que l’arrêt de la production n’aura pas de répercussion sur ses propres effectifs, les quelque 12 000 personnes affectées à la production du MAX à Renton pouvant être assignées à d’autres tâches ou relocalisées dans d’autres usines.

Avec l’Agence France-Presse