Pas d’indemnités de départ pour l’ancien patron de Boeing

L'ancien patron de Boeing, Denis Muilenburg, a quitté ses fonctions le 23 décembre dernier.
Photo: Mandel Ngan Agence France-Presse L'ancien patron de Boeing, Denis Muilenburg, a quitté ses fonctions le 23 décembre dernier.

Boeing a annoncé vendredi que son ancien directeur général Dennis Muilenburg, limogé le 23 décembre pour une gestion jugée catastrophique de la crise de l’avion 737 MAX, ne percevra pas d’indemnités de départ.

M. Muilenburg, qui a pris les rênes de Boeing en juillet 2015, ne recevra pas non plus de bonus au titre de l’année 2019, a précisé le constructeur aéronautique dans un document transmis à la SEC, le gendarme américain de la Bourse.

Le MAX est cloué au sol depuis mi-mars après deux accidents rapprochés ayant fait au total 346 morts. Le système anti-décrochage MCAS a été mis en cause dans les accidents et Boeing travaille actuellement sur un correctif.

M. Muilenburg, qui a passé 34 ans chez Boeing, a également renoncé à des titres d’une valeur de 14,6 millions de dollars, a précisé Boeing, ce qui suggère que le conseil d’administration avait perdu complètement confiance dans le dirigeant de 56 ans.

Il conserve toutefois toutes ses stock-options obtenues avant sa promotion au poste de p.-d.g. La valeur de celles-ci dépassait les 218 millions de dollars au cours de clôture de l’action Boeing vendredi soir à Wall Street.

M. Muilenburg sera remplacé lundi par David Calhoun, 62 ans, ancien cadre dirigeant de General Electric (GE) et membre du conseil d’administration de Boeing depuis plusieurs années.

Après l’avoir soutenu malgré les critiques des familles des victimes des accidents et celles des parlementaires américains, le conseil d’administration de Boeing avait fini par lâcher M. Muilenburg en raison de vives tensions avec l’agence fédérale de l’aviation, la FAA, selon des sources proches du dossier.

Le dirigeant s’était aussi mis à dos les compagnies aériennes clientes du 737 MAX — American Airlines, United Airlines et Southwest —, à qui il avait promis une remise en service « en quelques semaines » de cet avion vedette.