2019, année faste en emploi pour le Québec

L'industrie de la construction est l'une de celles qui ont le plus grossi leurs rangs en 2019.
Photo: David Goldman Associated Press L'industrie de la construction est l'une de celles qui ont le plus grossi leurs rangs en 2019.

Un rebond, le mois dernier, est venu conclure de belle façon une bonne année pour l’emploi au Québec. L’économie québécoise a regagné 21 000 emplois au mois de décembre, ramenant son taux de chômage à 5,3 %, a rapporté vendredi Statistique Canada. Essentiellement à temps plein, ces nouveaux emplois se sont concentrés dans les services d’hébergement et de restauration ainsi que dans la fabrication, et sont venus effacer une partie de l’important recul (-45 100 emplois) qu’on avait essuyé le mois d’avant et qui avait poussé le taux de chômage à 5,6 %.

Revenu à 5,3 %, le taux de chômage au Québec se révèle le même aujourd’hui qu’en Ontario, l’autre province à avoir bénéficié de la plus forte création d’emploi le mois dernier (+25 000), et dépasse le niveau enregistré en Colombie-Britannique (4,8 %), mais est inférieur à la proportion dans l’ensemble du Canada (5,6 %) ou dans des provinces plus éprouvées économiquement, comme l’Alberta (7 %) ou Terre-Neuve (11,8 %).

L’année 2020 laisse entrevoir une hausse de l’emploi qui sera moins vigoureuse

Sur 12 mois, il s’est créé près de 63 000 emplois nets au Québec (+1,5 %), dont plus de 58 000 à temps plein et notamment au bénéfice des travailleurs plus jeunes (15 à 24 ans) et plus âgés (55 ans et plus). Le taux de chômage est tombé aussi bas que 4,7 % au mois d’août, établissant un nouveau record aussi loin que les données disponibles permettent de regarder, c’est-à-dire depuis janvier 1976, rappelle Statistique Canada.

En moyenne, le taux de chômage au Québec s’est fixé à 5,1 % en 2019, en baisse de 0,4 point par rapport à l’an née précédente et à 0,6 point de moins que la moyenne au Canada, a souligné vendredi l’Institut de la statistique du Québec. Dans certaines régions, cette moyenne est descendue aussi bas que 3,9 % (Centre-du-Québec et Abitibi-Témiscamingue), et même 3,5 % (Capitale-Nationale), tandis qu’elle a été plus élevée à Montréal (7,2 %) ainsi qu’en Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine (13 %).

Les industries qui ont le plus grossi leurs rangs, l’an dernier, ont été celle de la construction (+20 000), des services de santé et d’assistance sociale (+19 000), ainsi que le transport et l’entreposage (+17 000). Quelques-unes ont eu plus de mal, particulièrement celle des services aux entreprises, aux bâtiments et autres services de soutien (-29 000).

2020 moins faste

« L’année 2020 laisse entrevoir une hausse de l’emploi qui sera moins vigoureuse, et ce, pour plusieurs raisons, a expliqué dans une brève analyse l’économiste du Mouvement Desjardins Joëlle Noreau. D’abord, la croissance du PIB réel sera moins rapide […]. Ensuite, la rareté de la main-d’oeuvre, qui rend déjà ardu le remplacement des départs à la retraite, sera encore bien présente. Pourvoir de nouveaux emplois demeurera complexe, ce qui ralentira d’autant les embauches. »

Au Canada, « on se souviendra de 2019 comme d’une année faste pour le marché du travail » avec la création nette de 320 000 emplois, dont quatre fois plus en Ontario (243 000) qu’au Québec (63 000), a observé pour sa part son confrère de la Banque Nationale Matthieu Arseneau. Si le taux de chômage au Canada est resté le même de décembre 2018 à décembre 2019, à 5,6 %, a-t-il poursuivi, « cela s’explique par le fait que la population active a crû en un an à son rythme le plus soutenu depuis 2007 en raison d’une politique d’immigration dynamique au pays. »