La cadence des mises en chantier a ralenti au pays

L’économiste en chef de la SCHL, Bob Dugan, a attribué principalement la diminution des mises en chantier au pays à la baisse de celles de logements collectifs à Toronto, Montréal et Ottawa.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne L’économiste en chef de la SCHL, Bob Dugan, a attribué principalement la diminution des mises en chantier au pays à la baisse de celles de logements collectifs à Toronto, Montréal et Ottawa.

Les promoteurs ont entamé la construction d’un moins grand nombre d’habitations que prévu en décembre, principalement en raison d’un déclin des projets de logements collectifs, a annoncé jeudi la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL).

Le taux annuel désaisonnalisé de mises en chantier s’est établi à 197 329 en décembre, contre 204 320 en novembre, a précisé l’agence. Les analystes visaient en moyenne un taux annuel de 210 000 pour décembre, selon les prévisions recueillies par la firme de données financières Refinitiv. L’économiste en chef de la SCHL, Bob Dugan, a attribué principalement cette diminution à la baisse des mises en chantier de logements collectifs à Toronto, Montréal et Ottawa.

Les mises en chantier de logements collectifs dans les centres urbains ont reculé de 5 % par rapport à novembre, incluant une baisse de 17 % en Ontario, tandis que les mises en chantier de maisons individuelles ont augmenté de 1 %.

 
5 %
C’est le recul des mises en chantier de logements collectifs dans les centres urbains canadiens en décembre par rapport à novembre.

La moyenne mobile sur six mois du taux mensuel d’ensemble désaisonnalisé était de 212 160 logements en décembre, contre 219 921 en novembre, a précisé la SCHL. « Les mises en chantier ont perdu un peu de vitesse vers la fin de l’année dernière », a souligné dans une note Josh Nye, économiste principal à la Banque Royale. Le rythme annualisé pour le quatrième trimestre dans son ensemble s’est établi à 201 000 habitations, contre 220 000 au cours des deux trimestres précédents, a-t-il noté.

Rebond

M. Nye a toutefois estimé que les mises en chantier devraient se situer au milieu de la fourchette pour l’année à venir, alors que le marché rebondit, soutenu en partie par le taux de croissance démographique le plus rapide du Canada depuis le début des années 1990. « Cela serait cohérent avec un marché du logement en résurgence — que nous voyons se prolonger cette année — et de solides données démographiques. »

Andrew Grantham, un économiste principal de la Banque CIBC, a affirmé que le ralentissement des mises en chantier au quatrième trimestre avait contribué à un ralentissement de la croissance économique d’ensemble, mais qu’elles devraient légèrement dépasser la barre des 200 000 cette année. « Nous prévoyons que la combinaison de taux hypothécaires plus bas [par rapport au début de l’année dernière] et d’une solide croissance démographique soutiendra la demande de logements en 2020 », a-t-il expliqué dans une note.

L’économiste Rishi Sondhi, de la Banque TD, a estimé que la baisse des mises en chantier de plusieurs logements était probablement attribuable aux baisses antérieures des ventes de copropriétés avant leur construction. Leurs effets devraient continuer de restreindre la construction de logements dans les marchés clés cette année, a-t-il poursuivi.