Grève chez Swissport: il faut des dispositions antibriseurs de grève au fédéral, dit la FTQ

Une centaine de syndiqués du sous-traitant Swissport Fuelling Services travaillant à l’avitaillement des avions aux aéroports Montréal-Trudeau et Mirabel débraient depuis le 31 décembre.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Une centaine de syndiqués du sous-traitant Swissport Fuelling Services travaillant à l’avitaillement des avions aux aéroports Montréal-Trudeau et Mirabel débraient depuis le 31 décembre.

La grève chez Swissport est une autre illustration de la nécessité d’avoir des dispositions antibriseurs de grève dans le Code canadien du travail, critique le président de la FTQ, Daniel Boyer. Cela accélérerait le règlement du conflit, croit-il. Une centaine de syndiqués du sous-traitant Swissport Fuelling Services débraient depuis le 31 décembre. Ils sont membres de l’Association internationale des machinistes et des travailleurs de l’aérospatiale (AIMTA), un syndicat affilié à la FTQ. Malgré la grève, les activités d’avitaillement des avions aux aéroports Montréal-Trudeau et Mirabel sont toutefois maintenues, sans problème ni délai, a déjà indiqué une porte-parole de l’employeur.

Le transport aérien est de compétence fédérale. Or, il n’existe aucune disposition interdisant le recours à des briseurs de grève dans le Code canadien du travail, contrairement au Code du travail du Québec. Interrogé à ce sujet mardi, le président de la FTQ, Daniel Boyer, a soutenu que la seule façon d’établir « un vrai rapport de forces » dans ce genre de conflit de travail était d’appliquer les lois du travail du Québec aux entreprises de compétence fédérale qui font affaire au Québec.

Dans « toutes les entreprises qui sont de juridiction fédérale, il faudrait qu’il y ait un véritable rapport de forces. Et un véritable rapport de forces, ça s’exerce avec des dispositions antibriseurs de grève. Ça accélérerait le règlement des conflits, dans la plupart des cas. Swissport, ils sont à l’aéroport et ils ne sont pas visés par les dispositions antibriseurs de grève. Donc, ils peuvent utiliser des briseurs de grève et ça fait en sorte que les activités de l’employeur continuent et ça prolonge le conflit », a opiné M. Boyer.

Dans ce domaine, il arrive aussi que le donneur d’ouvrage change de sous-traitant, qui met à pied ses employés lorsqu’il a perdu le contrat. Les employés récupèrent ensuite leur emploi, mais pour un autre sous-traitant, avec des conditions salariales et autres à la baisse. Dans le cas de Swissport, des travailleurs qui gagnaient 20 $ auparavant se sont retrouvés avec un salaire horaire de 16 $ pour effectuer les mêmes tâches, a déploré le président de la FTQ. « Il faudrait que les conventions collectives suivent d’un sous-traitant à un autre », a-t-il également souhaité.

Médiation

Pendant ce temps, la grève continue et la médiation aussi. Le médiateur nommé par le ministère fédéral du Travail a rencontré les parties patronale et syndicale séparément, jeudi et vendredi dernier. Ensuite, lundi, le porte-parole local de l’AIMTA, Michel Richer, a estimé « avoir présenté des demandes réalistes à l’employeur ».

L’employeur a pour sa part indiqué qu’il comptait analyser les propositions présentées par l’AIMTA avant de décider de la suite des choses. Il a dit vouloir contacter le syndicat « le plus rapidement possible » pour résoudre le conflit. Aucune autre rencontre n’était encore prévue entre les parties.

Les principaux points en litige sont les salaires et les assurances collectives. Les syndiqués concernés, qui sont sans contrat de travail depuis août dernier, sont ravitailleurs d’avions, mais aussi mécaniciens, répartiteurs et travailleurs d’entretien d’installations de stockage de carburant.