Le projet d’Hydro-Québec dans le Maine pourrait franchir une nouvelle étape

La Land Use Planning Commission du Maine se prononcera cette semaine sur un rapport favorable préparé par son propre personnel.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne La Land Use Planning Commission du Maine se prononcera cette semaine sur un rapport favorable préparé par son propre personnel.

Le projet d’Hydro-Québec et de son partenaire américain visant à alimenter le Massachusetts pendant vingt ans sera de nouveau sous les projecteurs cette semaine avec une réunion importante de la Land Use Planning Commission (LUPC) du Maine, appelée à se prononcer sur un rapport favorable préparé par son propre personnel.

Selon le personnel de la Commission, le projet New England Clean Energy Connect (NECEC), qu’Hydro-Québec et Central Maine Power veulent mettre en service dès 2022 grâce à une ligne traversant le Maine, respecte les critères d’un « usage permis » du territoire. La rencontre des commissaires portant sur le rapport de 41 pages aura lieu mercredi.

Si le projet recevait ce feu vert, il s’agirait d’une étape importante dans le processus d’obtention des permis. Dénoncé par des opposants qui craignent les conséquences sur la nature et les paysages, notamment le long du Sentier des Appalaches, le projet a jusqu’ici reçu la bénédiction de la Commission fédérale de la réglementation de l’énergie en octobre 2018 et du Département de la protection environnementale du Maine en mai 2019.

« Le rapport est encourageant, mais par respect pour le processus réglementaire, nous préférons attendre la décision de la Commission avant de commenter », a dit une porte-parole d’Hydro-Québec, Lynn St-Laurent, quant à la probabilité que les commissaires rendent un avis favorable à leur tour.

Pour aller de l’avant, le projet devra également recevoir l’autorisation du U.S. Army Corps of Engineers de même que celle du Département de l’énergie.

Campagne

Les opposants mènent depuis des mois une campagne afin de forcer la tenue d’un référendum sur la question au moment de l’élection présidentielle de l’automne prochain. Ses organisateurs ont jusqu’en février pour récolter au moins 63 000 signatures. Invitée à préciser le nombre d’appuis obtenus à ce jour, la directrice de Say NO to NECEC, Sandi Howard, a affirmé au Devoir lundi que cette information serait dévoilée en février. Au début du mois de décembre, il était question de plus de 30 000 signatures.

« Nous sommes extrêmement déçus de la recommandation du personnel de la LUPC, car elle dévalorise l’importance de préserver […] la rivière Kennebec et le Sentier des Appalaches, qui sont le point central du processus d’octroi de permis », a déclaré Mme Howard, qui coordonne la campagne No CMP Corridor avec Tom Saviello, membre du Sénat du Maine.

En vertu d’un contrat de 20 ans qui générerait des milliards de dollars en revenus supplémentaires, Hydro-Québec fournirait annuellement 9,45 térawattheures au Massachusetts. Selon la société d’État, le recours à cette énergie renouvelable représente essentiellement le retrait de 750 000 véhicules de la circulation.

La société d’État ne cache pas qu’elle réfléchit aux conséquences précises qui découleraient d’un rejet du projet par une majorité d’électeurs. « Il y a des institutions dans le Maine dont c’est la responsabilité de délivrer les permis. […] On n’est pas rendus là aujourd’hui. Ça se peut qu’on fasse face à un référendum. Sur le plan légal, c’est loin d’être clair si ça peut avoir de la “traction”», a dit le p.-d.g. d’Hydro-Québec, Éric Martel, en conférence de presse le 5 décembre. « Si on a un référendum “perdant”, quelle serait la suite des choses ? On est en train de regarder ça. »

Pour Hydro-Québec, la mise en service du projet lui permettrait aussi d’écouler ses surplus. La société d’État a récemment estimé que ses ressources énergétiques sont suffisantes pour l’instant, mais elle n’exclut pas l’idée de recourir à un nouvel appel d’offres sur un horizon de trois à cinq ans.