Cuba: passage prochain à une monnaie unique

Le CUC (les deux billets à droite sur la photo), devise alignée sur le dollar américain qui sert aux échanges dans le tourisme et pour l’achat des biens d’équipement des ménages à Cuba, devrait disparaître prochainement.
Photo: Ramon Espinosa Associated Press Le CUC (les deux billets à droite sur la photo), devise alignée sur le dollar américain qui sert aux échanges dans le tourisme et pour l’achat des biens d’équipement des ménages à Cuba, devrait disparaître prochainement.

Le 1er janvier, Cuba célébrera le 61e anniversaire de sa révolution. Si 2019 a été marquée par un événement politique, l’entrée en vigueur d’une nouvelle Constitution, 2020 devrait être une année de réformes économiques avec l’unification des deux monnaies, un chantier proclamé « prioritaire » depuis 2015, mais très délicat à mettre en place.

À terme (aucune date n’a été fixée), le CUC, devise alignée sur le dollar qui sert aux échanges dans le tourisme et pour l’achat des biens d’équipement des ménages, doit disparaître. Seul subsistera le vieux peso qu’utilisent les Cubains au quotidien.

La monnaie américaine, longtemps bannie (il fallait la changer contre des CUC) est depuis octobre acceptée dans les commerces. Et la population peut désormais ouvrir des comptes en dollars. Un pays qui importe quasiment tout (vêtements, électroménager, plus de 70 % de sa consommation alimentaire) a besoin de devises fortes, qu’il obtient grâce au tourisme et aux virements des expatriés à leurs familles.

Pouvoir d’achat et pénuries

Le régime a donné un léger coup de pouce au pouvoir d’achat en juin en augmentant le salaire moyen des fonctionnaires (80 % des actifs) de 667 à 1067 pesos (25 à 40 dollars). Le salaire minimum est fixé à 400 pesos. Des sommes majoritairement englouties par les dépenses de nourriture, rare quand elle est vendue à bas prix par l’État, chère dans le secteur privé. La réalité des pénuries s’est traduite en images en novembre, lors de l’inauguration d’un centre commercial à La Havane : les acheteurs se battaient dans les allées pour emporter bières, huile ou lessive.

Le poste de premier ministre, supprimé en 1976 et que la nouvelle Constitution rétablit, a été confié la semaine dernière à Manuel Marrero, ministre du Tourisme depuis 2004. Son expérience dans un des rares secteurs qui rapportent des devises a sans doute fait pencher la balance en sa faveur. Mais sur ce front aussi, l’avenir s’annonce sombre. Pour 2019, le nombre de touristes devrait stagner ou légèrement baisser, autour de 4,2 millions d’entrées. Très loin des 5,1 millions prévus.