Les entreprises trop lentes devant la crise climatique, dit le patron de la Banque d'Angleterre

Selon Maarten Wetselaar, responsable des nouvelles énergies et du gaz au sein du géant des hydrocarbures Royal Dutch Shell, il s’agit de mener «une transition» afin de remplacer progressivement les énergies fossiles par des produits à faible teneur en carbone.
Photo: Christophe Gateau Agence France-Presse Selon Maarten Wetselaar, responsable des nouvelles énergies et du gaz au sein du géant des hydrocarbures Royal Dutch Shell, il s’agit de mener «une transition» afin de remplacer progressivement les énergies fossiles par des produits à faible teneur en carbone.

Les entreprises agissent trop lentement pour lutter contre la crise climatique, au risque de dégâts irréversibles y compris pour leurs propres affaires, prévient Mark Carney, patron de la Banque d’Angleterre (BoE) et futur envoyé spécial de l’ONU pour le climat.

« Pour chaque entreprise, institution financière, gérant d’actifs, fonds de pension ou assureur, la question est : quel est votre plan ? », a lancé le gouverneur de la BoE lors d’un entretien diffusé lundi par la radio BBC 4.

Il s’exprimait lors d’une édition spéciale de l’émission d’information matinale consacrée au climat et dont la jeune militante écologiste suédoise Greta Thunberg était la rédactrice en chef d’un jour.

La crainte est que nous passions encore une décennie avec des choses louables, mais pas suffisantes […] et que nous dépassions très rapidement la limite de 1,5 °C

Mark Carney, qui doit quitter son poste en mars prochain, prévient que la crise climatique est « une tragédie qui se profile » avec « davantage d’événements météorologiques extrêmes », estimant qu’il sera bientôt « trop tard pour agir ».

« Pas assez vite »

Selon lui, le secteur financier a par exemple commencé à limiter ses investissements dans les énergies fossiles, comme le très polluant charbon, mais « cela n’avance pas assez vite ».

« La crainte est que nous passions encore une décennie avec des choses louables, mais pas suffisantes […] et que nous dépassions très rapidement la limite de 1,5 °C », souligne-t-il, en référence à l’objectif de l’Accord de Paris limitant le réchauffement par rapport à l’ère préindustrielle.

Il avertit enfin les entreprises que leurs actifs pourraient devenir « sans valeur », si elles persistent à investir dans les énergies polluantes qui seront à terme délaissées, sans compter l’incidence sur l’économie des catastrophes climatiques.

Interrogé également sur BBC 4, Maarten Wetselaar, responsable des nouvelles énergies et du gaz au sein du géant des hydrocarbures Royal Dutch Shell, dit reconnaître « la nécessité d’une action urgente sur le changement climatique ».

Selon lui, il s’agit de mener « une transition » afin de remplacer progressivement les énergies fossiles par des produits à faible teneur en carbone.

Mark Carney, qui a été choisi pour remplacer le milliardaire Michael Bloomberg comme envoyé spécial de l’ONU pour le climat, n’a cessé de mettre en garde le monde des affaires sur les risques liés à l’urgence climatique.

Il avait plaidé lors de la récente COP 25 à Madrid pour rendre obligatoires l’évaluation et la publication des risques climatiques pour les entreprises.

Et c’est sous son égide que la Banque d’Angleterre a lancé un projet pionnier de tests de résistance visant à évaluer d’ici à 2021 les risques que fait peser le réchauffement de la planète sur le système financier.