Hexo recule en Bourse après une émission d’actions

Le producteur de cannabis gatinois, principal fournisseur de la SQDC, avait annoncé en octobre qu’il devait procéder à 200 licenciements.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Le producteur de cannabis gatinois, principal fournisseur de la SQDC, avait annoncé en octobre qu’il devait procéder à 200 licenciements.

Après un recul survenu à la Bourse de New York jeudi, le titre du producteur de cannabis gatinois Hexo a chuté de 18 % à la Bourse de Toronto vendredi, dans la foulée d’une émission d’actions auprès de certains investisseurs institutionnels qui lui a permis de récolter 25 millions de dollars en sol américain.

Dans un communiqué publié jeudi matin, au moment où la Bourse de Toronto était fermée, Hexo a annoncé que les investisseurs vont acquérir près de 15 millions d’actions, une opération dont le produit sera utilisé pour son fonds de roulement et ses activités de recherche et développement.

Hexo, principal fournisseur de la Société québécoise du cannabis, a précisé que les investisseurs pourront acquérir les titres à 1,67 $US par action. À la Bourse de New York, le titre a plongé de 22 % jeudi pour s’établir à 1,53 $US.

Quand la Bourse de Toronto a rouvert ses portes vendredi, la réaction des investisseurs, qui tendent à se méfier de l’effet dilutif causé par une émission de titres supplémentaires dans le marché, a suivi la même tendance. L’action est tombée à 2,10 $, son plus bas depuis octobre 2017.

Le cours de l’action a maintenant fondu de 80 % depuis un sommet d’environ 11 $ atteint au mois d’avril dernier.

Hexo a également fait savoir que ces mêmes investisseurs institutionnels, qui ne sont pas nommés, recevront des bons de souscription de cinq ans permettant l’achat de 7,5 millions d’actions au prix de 2,45 $US.

« Gros changements »

Le premier trimestre de l’exercice financier d’Hexo, clos le 31 octobre, s’est soldé par des revenus nets (après taxes d’accise) de 14,5 millions, près du triple de ce qu’il avait enregistré à la même période l’an dernier. Cependant, sa perte nette a été de 62,4 millions, comparativement à 12,8 millions en 2018.

Lors de la publication des résultats, le 16 décembre, le p.-d.g. et cofondateur Sébastien St-Louis a affirmé que l’entreprise a « réalisé de grands changements dans nos opérations dans une optique de rentabilité en 2020 ». Différentes décisions ont « déjà produit une réduction de 25 % de nos dépenses d’exploitation », a-t-il ajouté. La compagnie détenait alors des liquidités de 73,5 millions.

80 %
C’est le pourcentage de perte enregistré par le cours de l’action d’Hexo après son sommet d’environ 11 $ atteint au mois d’avril dernier.

La somme de 25 millions liée à l’opération annoncée jeudi matin devra être ajustée pour tenir compte de certains frais, a indiqué Hexo dans son communiqué.

La dernière année a été marquée par un certain nombre d’enjeux pour la compagnie, des défis auxquels doivent également répondre ses concurrents. Entre autres, le marché de la consommation au détail s’est développé plus lentement que ce que plusieurs prévoyaient à l’origine lorsque le gouvernement Trudeau a annoncé son intention de légaliser le cannabis à des fins récréatives.

Le 24 octobre, Hexo a annoncé qu’il devait procéder à 200 licenciements afin de « veiller à sa rentabilité et à sa stabilité à long terme ». Outre les ouvertures de magasins, qui ont eu lieu à un rythme plus lent que prévu, Hexo a mentionné des « déploiements plus lents que prévu de produits dans les magasins, le retard marqué par le gouvernement dans l’approbation des produits dérivés du cannabis et des signes précurseurs de pression sur les prix ».

Le 10 octobre, la compagnie avait dit qu’elle devait retirer ses prévisions pour l’exercice 2020, au cours duquel Hexo avait prévu à l’origine des revenus nets de 400 millions. Or, pour l’exercice terminé en 2019, les revenus nets se dirigeaient vers une fourchette entre 46,5 et 48,5 millions. L’annonce a entraîné une chute de 23 % en Bourse.

Lors d’une conférence téléphonique avec des analystes financiers portant sur les résultats du quatrième trimestre, qui montraient une perte, M. St-Louis a affirmé qu’il fallait aussi tenir compte de la forte croissance des revenus depuis 2018.