Le chômage recule au Brésil

Des travailleurs agricoles taillant des cabosses de cacaoyer dans une ferme d’Itajuípe, le 13 décembre 2019
Photo: Rafael Martins Agence France-Presse Des travailleurs agricoles taillant des cabosses de cacaoyer dans une ferme d’Itajuípe, le 13 décembre 2019

Le Brésil est passé sous la barre des 12 millions de chômeurs pour la première fois depuis 2016, le taux s’établissant à 11,2 % pour le trimestre septembre-novembre, contre 11,6 % d’août à octobre, selon les chiffres officiels rendus publics vendredi.

Ces résultats sont plus encourageants que les prévisions des analystes consultés par le quotidien économique Valor, qui tablaient sur un taux de chômage à 11,4 %. Une embellie qui s’explique notamment par une reprise des embauches saisonnières en vue des fêtes de fin d’année et un nombre record de micro-entrepreneurs, souvent synonyme de précarisation du travail.

Ce taux, calculé en trimestres glissants par l’institut de statistiques IBGE, n’avait jamais été si bas depuis la période mars-mai 2016, quand il était également de 11,2 %. La récession historique qui a touché le Brésil a ensuite entraîné une forte hausse du chômage, avec un taux record à 13,7 % au premier trimestre 2017, quand plus de 14 millions de personnes étaient à la recherche d’un emploi.

Fêtes et entrepreneuriat

Le taux à 11,2 % publié vendredi pour septembre-novembre représente également une baisse de 0,4 point de pourcentage par rapport à la même période de 2018. Cela représente également 500 000 chômeurs en moins par rapport au trimestre août-octobre, pour un total de 11,9 millions, passant pour la première fois sous les 12 millions depuis la période avril-juin 2016.

« Le commerce a montré une évolution positive […] avec le Black Friday et les achats pour les fêtes de fin d’année », explique Adriana Beringuy, de l’IBGE. Les années précédentes cependant, la baisse du taux de chômage n’avait pas été aussi significative à l’approche des Fêtes.

Une baisse qui s’explique également par l’augmentation du nombre de micro-entrepreneurs, qui a atteint 24,6 millions sur la période septembre-novembre, un record, contre 24,4 millions sur le trimestre août-octobre. Mais dans de nombreux cas, être micro-entrepreneur est synonyme de précarité : de nombreuses entreprises font appel à des personnes ayant ce statut en tant que prestataires de services pour ne pas avoir à les embaucher.

Le nombre de personnes qui ont renoncé à rechercher un emploi a, en revanche, légèrement augmenté : 4,7 millions, 100 000 de plus que sur le trimestre août-octobre.

La baisse du chômage est une bonne nouvelle pour le gouvernement du président Jair Bolsonaro, dont le ministre de l’Économie, l’ultralibéral Paulo Guedes, a lancé une série de mesures d’austérité et un vaste plan de privatisations. « Les chiffres sont positifs, mais insuffisants pour changer durablement la situation du marché du travail. Tout au long de l’année, nous avons observé une augmentation du nombre des micro-entrepreneurs et travailleurs dans l’économie informelle », souligne toutefois Adriana Beringuy.