Ottawa songe à revoir son calcul du seuil de pauvreté

Cette mesure calcule le minimum qu’une personne ou une famille devrait gagner afin de payer un panier de biens et services nécessaires pour un niveau de vie «modeste» ou «de base».
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Cette mesure calcule le minimum qu’une personne ou une famille devrait gagner afin de payer un panier de biens et services nécessaires pour un niveau de vie «modeste» ou «de base».

Statistique Canada jongle avec une révision du mode de calcul du seuil de pauvreté utilisé par le gouvernement fédéral, qui pourrait se traduire par un plus grand nombre de Canadiens vivant sous le seuil de faible revenu.

La dernière mise à jour de cette mesure canadienne, en 2008, avait rehaussé le seuil de sécurité financière utilisé pour définir le « faible revenu » : les taux de pauvreté au Canada avaient alors augmenté de 2,2 %.

Cette mesure calcule le minimum qu’une personne ou une famille devrait gagner afin de payer un panier de biens et services nécessaires pour un niveau de vie « modeste » ou « de base ». Les libéraux ont adopté cette mesure comme seuil de pauvreté officiel du pays l’an dernier et ont prévu 12 millions de dollars sur cinq ans pour mettre à jour ce fameux panier de consommation, qui n’inclut pas actuellement certaines dépenses, par exemple les services sans fil.

Mise à jour

Un rapport final de Statistique Canada est attendu en février. La Presse canadienne a obtenu des copies des notes internes, en vertu de la Loi sur l’accès à l’information. Statistique Canada y propose notamment de prendre en compte les changements apportés au Guide alimentaire canadien dans le coût des aliments, et de mettre à jour les coûts de transport pour refléter les résultats du recensement selon lesquels certains salariés à faible revenu prennent le transport en commun alors que d’autres utilisent leur voiture. L’agence fédérale a également suggéré que lors du calcul, les propriétaires d’une maison avec hypothèque et les personnes vivant dans un logement subventionné soient mis sur un « meilleur pied d’égalité » avec les locataires de logement.

Garima Talwar Kapoor, directrice des politiques et de la recherche à la fondation Maytree, qui lutte contre la pauvreté, rappelle que le coût du logement, par exemple, a augmenté plus rapidement que les revenus au cours des 10 dernières années. Pour sa part, Iglika Ivanova, économiste principale au Centre canadien de politiques alternatives, ne croit pas qu’un nouveau seuil fera grimper dramatiquement ces taux de pauvreté. Les changements pourraient toutefois tirer sous le seuil ceux qui sont présentement juste au-dessus, même si leur situation n’a pas vraiment changé.