United Airlines repousse encore la remise en service de ses 737 MAX

Boeing a annoncé lundi qu’il cesserait temporairement de produire son appareil 737 MAX à compter de janvier.
Photo: David Ryder Agence France-Presse Boeing a annoncé lundi qu’il cesserait temporairement de produire son appareil 737 MAX à compter de janvier.

United Airlines a décidé de retirer le Boeing 737 MAX de son horaire jusqu’en juin ; une annonce qui constitue une nouvelle tuile pour l’avionneur américain. Au Canada, le transporteur WestJet, qui compte déjà immobiliser ses propres appareils jusqu’en mars 2020, continue de surveiller la situation de près.

Annoncée vendredi par le transporteur américain, cette décision survient alors que le géant aéronautique établi à Chicago a annoncé, lundi, qu’il cesserait temporairement de produire son appareil 737 MAX — cloué au sol depuis le mois de mars — à compter de janvier. Il n’a pas précisé quand la production reprendrait.

Vendredi, Spirit AeroSystems, un important fournisseur de Boeing, a également signalé qu’il mettrait fin aux livraisons destinées au 737 MAX puisque les difficultés rencontrées par l’avionneur américain commencent à avoir des répercussions sur ses fournisseurs. Boeing a également vu sa capsule Starliner échouer lors de son premier vol d’essai visant à se rendre à la Station spatiale internationale.

Nous continuons de surveiller la situation et prendrons au besoin des décisions concernant notre horaire

Les compagnies aériennes ont des maux de tête depuis qu’une interdiction de vol frappe le 737 MAX depuis mars dans la foulée de deux écrasements mortels survenus à cinq mois d’intervalle. Plusieurs transporteurs ont retardé la mise en service des avions construits par Boeing dans leurs horaires de vol, ce qui s’est notamment traduit par une hausse de leurs dépenses. Selon des analystes, cette situation a également empêché les compagnies aériennes d’ajouter de nouvelles liaisons, ce qui freine leur expansion.

Transporteurs canadiens

Au moment où ces lignes étaient écrites, Air Canada n’avait pas encore répondu à une demande du Devoir visant à obtenir ses commentaires. Le transporteur, qui possède 24 appareils, compte déjà se passer de ses 737 MAX jusqu’au 14 février 2020. Avant la suspension des vols en mars 2019, Air Canada s’attendait à recevoir 12 exemplaires de plus avant le mois de juillet. De son côté, WestJet en détient 13. Quant à Sunwing, elle a retiré ses quatre appareils jusqu’en mai 2020.

« Nous continuons de surveiller la situation et prendrons au besoin des décisions concernant notre horaire », a indiqué WestJet dans une déclaration. « Nous sommes en contact étroit avec nos partenaires chez Boeing, Transports Canada et les autres autorités réglementaires pour comprendre comment et quand nous pourrons remettre en service les appareils MAX de manière sécuritaire. »

United Airlines a déclaré vendredi qu’elle prévoyait d’annuler des milliers de vols au cours des prochains mois en raison de l’interdiction de vol toujours en vigueur. La compagnie avait précédemment prévu d’intégrer l’appareil à sa flotte en mars. United possède actuellement 14 appareils 737 MAX 9. Le transporteur devait en avoir 30 en mars. United Airlines prévoit d’annuler quotidiennement environ 75 vols d’ici la fin du mois de décembre et 56 vols par jour en janvier.

Southwest Airlines, qui comptait sur le 737 MAX pour mettre à jour sa flotte, a annoncé qu’elle réintégrerait l’avion dans son programme en avril. American Airlines a fait de même la semaine dernière.

Arrêt de production

Spirit AeroSystems, établie à Wichita, au Kansas, a déclaré vendredi que Boeing avait demandé que les livraisons soient interrompues d’ici la fin de l’année. Les revenus des composantes du 737 MAX représentent plus de la moitié des revenus annuels totaux de Spirit. L’entreprise emploie 13 500 personnes et est le plus important donneur d’ouvrage dans la plus grande ville du Kansas.

L’arrêt de production des 737 MAX annoncé lundi aura vraisemblablement des conséquences sur l’économie américaine. D’autant plus que l’avionneur manque aussi de place pour continuer à stocker les avions fabriqués. Quelque 400 exemplaires sont en effet déjà en rang serré sur les terrains autour de l’usine de Renton, dans l’État de Washington.

Or, si environ 25 % de la production de Boeing sont destinés au marché américain, près de 75 % sont destinés à l’export. Les économistes estiment que l’arrêt de la production pourrait coûter 0,5 % de la croissance au premier trimestre 2020.

« C’est relativement important pour une seule entreprise en particulier », avait souligné Gregory Gregory Daco, chef économiste chez Oxford Economics, dans un entretien avec l’Agence France-Presse. « La majeure partie de cet impact proviendra des exportations, environ 0,4 %, et 0,1 % du côté des investissements. »

Avec Le Devoir et l'Agence France-Presse