Nouvelle poussée de l’économie québécoise au troisième trimestre

Les dépenses de consommation des ménages québécois ont augmenté de 1,9% au troisième trimestre de 2019.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les dépenses de consommation des ménages québécois ont augmenté de 1,9% au troisième trimestre de 2019.

L’économie québécoise a crû au rythme annualisé de 3,6 % au troisième trimestre, a indiqué jeudi l’Institut de la statistique du Québec ; une poussée supérieure aux attentes qui a aisément dépassé la croissance de 1,3 % observée pour l’ensemble du Canada.

Cette performance, qui marque une dix-huitième hausse mensuelle consécutive et dont l’ampleur n’a pas été vue depuis le début de 2017, survient dans un contexte de ralentissement mondial et de tensions commerciales, ont noté les économistes. Au deuxième trimestre, l’économie québécoise avait affiché une croissance de 2,9 % sur une base annualisée.

« L’essor de l’économie du Québec repose sur de nombreux facteurs qui prolongent sa période de résilience », a mentionné l’économiste Hélène Bégin, du Mouvement Desjardins. « Un rythme moins rapide est attendu à compter de l’an prochain, mais les signes de ralentissement tardent à se manifester. » Dans les facteurs qui appuient la croissance, a récemment écrit le Mouvement, figurent le faible taux de chômage et la robustesse du secteur immobilier.

L’Institut de la statistique a également souligné que les exportations québécoises ont crû de 1 % au cours du troisième trimestre, comparativement à 1,4 % au deuxième trimestre. Il est bien connu que près de la moitié du produit intérieur brut du Québec est lié aux exportations de biens et services.

Revenu des ménages

Par ailleurs, la rémunération des salariés a poursuivi sa hausse. Cette croissance est toutefois moins forte qu’au cours du trimestre précédent.

« Les ménages québécois ont accru fortement leur marge de manoeuvre depuis un an. En termes réels, le revenu disponible des ménages a crû de 6,2 %, contre 3,4 % pour l’ensemble du Canada », a écrit la Banque Nationale dans une note transmise aux clients. « En parallèle, les dépenses de consommation des ménages ont crû de 1,9 % au Québec contre 1,4 % au Canada. Le résultat est que le taux d’épargne des ménages a crû durant cette période de 5,4 % à 9,1 % au Québec [le plus haut depuis 1995]. »

 
3,6 %
C’est le taux de croissance de l’économie québécoise au troisième trimestre de 2019.

La croissance économique signifie que les entrées fiscales pour le gouvernement du Québec se poursuivent. Dans son dernier budget, le ministère des Finances a répété qu’« une variation de 1 point de pourcentage du PIB nominal a un impact de l’ordre de 750 millions sur les revenus autonomes » du gouvernement. Compte tenu de ce troisième trimestre plus fort que prévu, la Banque Nationale a décidé jeudi de relever ses attentes pour 2020. L’institution financière prévoit désormais une croissance économique de 2,9 %, et non de 2,6 %.

Lors de la campagne électorale de 2018, la Coalition avenir Québec a affirmé qu’un de ses objectifs consisterait à augmenter le potentiel économique du Québec, estimé depuis longtemps à 1,5 %. La formation politique de François Legault, qui s’est retrouvée à gérer des surplus plus importants que prévus, préconisait alors un potentiel de croissance bonifié à 2 %, entre autres, par la stimulation des investissements des entreprises et une mission plus agressive chez Investissement Québec, le bras financier du gouvernement.

La croissance économique du Québec pour l’ensemble de 2019 devrait se situer à 2,4 %, a affirmé le ministre des Finances, Eric Girard, lors de sa mise à jour économique au mois de novembre. C’est 0,6 point de pourcentage de plus que ce que mentionnaient les prévisions du budget présenté en mars dernier.

La bonne santé financière du Québec signifie également qu’il aura fallu six ans de moins que prévu pour atteindre l’objectif d’un ratio de 45 % de la dette par rapport à la taille du PIB. Cet objectif a été fixé au milieu des années 2000 par le gouvernement de Jean Charest, au moment de créer le Fonds des générations.