La Chine et les États-Unis décrètent l’accalmie dans leur guerre commerciale

Les présidents américain et chinois, Donald Trump et Xi Jinping, lors de leur rencontre au G20 d'Osaka, en juin dernier
Photo: Brendan Smialowski Archives Agence France-Presse Les présidents américain et chinois, Donald Trump et Xi Jinping, lors de leur rencontre au G20 d'Osaka, en juin dernier

Les États-Unis et la Chine ont annoncé vendredi un accord préliminaire, qui marque une trêve après près de deux ans de guerre commerciale féroce à coups de droits de douane punitifs fragilisant l’économie mondiale.

« C’est un accord fantastique pour tout le monde. Merci ! » a écrit sur Twitter Donald Trump, qui avait promis à ses électeurs en 2016 qu’il s’attaquerait au problème des pratiques commerciales « déloyales » de Pékin. Plus tôt, le vice-ministre du Commerce, Wang Shouwen, avait évoqué depuis Pékin des réductions progressives des droits de douane américains. Les deux pays sont convenus de réaliser au plus vite l’examen juridique et la traduction de l’accord avant de procéder à sa signature finale, avait-il précisé, sans toutefois avancer de date.

Un responsable du gouvernement Trump a indiqué, sous couvert d’anonymat, que la signature pourrait intervenir « la première semaine de janvier ». De son côté, le conseiller économique de la Maison-Blanche, Larry Kudlow, a souligné que la signature pourrait se faire au niveau des ministres et non pas des présidents.

Tarifs douaniers

L’annonce la plus concrète à court terme : Donald Trump renonce à imposer dimanche, comme c’était initialement prévu, une nouvelle salve de tarifs douaniers sur quelque 160 milliards de dollars de biens chinois. Le représentant américain au Commerce (USTR) a précisé pour sa part que les droits de douane additionnels de 25 % portant sur l’équivalent de 250 milliards de dollars de marchandises chinoises restaient en place. En revanche, les droits de douane de 15 % sur 120 autres milliards de biens chinois, en vigueur depuis le 1er septembre, seront réduits de moitié (7,5 %).

« Un accord sans précédent », a déclaré Robert Lighthizer, l’USTR qui l’a âprement négocié. S’il a évoqué « des changements structurels significatifs et pleinement exécutoires » de la part de Pékin, l’exécutif américain est resté avare en détails concrets. Le texte « commence à rééquilibrer les relations commerciales sino-américaines », a-t-il ajouté. En 2018, le déficit américain avec la Chine pour les seuls biens était de 419,5 milliards de dollars. Sous l’effet des droits de douane, il a fortement diminué en 2019 : –14,7 % entre janvier et octobre, selon les données du département du Commerce américain.

Les deux parties ont indiqué que l’accord incluait la propriété intellectuelle, les transferts forcés de technologies, les produits alimentaires et agricoles, les services financiers, le taux de change, le renforcement des échanges commerciaux ou encore la façon dont seront résolus les litiges futurs. Ce sont les mêmes domaines que ceux envisagés en octobre, lorsque Donald Trump avait déjà annoncé un accord, qui n’avait jamais été véritablement approuvé par les autorités chinoises. « L’accord établit un solide système de règlement des différends qui garantit une mise en oeuvre et une application rapides et efficaces », a en outre souligné vendredi le représentant américain au Commerce (USTR). Depuis le début des discussions, Washington exige un mécanisme pour pouvoir s’assurer que la Chine respecte bien un éventuel accord.

L’USTR estime que ce traité va se traduire « par des réformes structurelles et des changements du régime économique et commercial de la Chine ». L’accord comprend également un engagement de la Chine à faire « des achats supplémentaires substantiels » de biens et services américains au cours des prochaines années, a affirmé l’USTR, sans avancer de données chiffrées.