TransCanada veut faire partie des plans à venir d’Hydro-Québec

Dans son plan dévoilé le mois dernier, Hydro-Québec juge que son approvisionnement en énergie est suffisant pour l’instant, mais la société d’État n’exclut pas un nouvel appel d’offres sur un horizon de trois à cinq ans.
Photo: Michael Monnier Archives Le Devoir Dans son plan dévoilé le mois dernier, Hydro-Québec juge que son approvisionnement en énergie est suffisant pour l’instant, mais la société d’État n’exclut pas un nouvel appel d’offres sur un horizon de trois à cinq ans.

La compagnie albertaine TransCanada Énergie, propriétaire d’une centrale inutilisée à Bécancour, estime que le gaz naturel a toujours un avenir dans la production d’électricité au Québec. L’entreprise compte d’ailleurs intervenir en ce sens devant la Régie de l’énergie lors de l’analyse du Plan d’approvisionnement d’Hydro-Québec pour la période 2020-2029.

Dans la foulée de la publication du plan le 1er novembre, divers organismes habitués à ce genre de procédure, dont des groupes de consommateurs, de PME et de producteurs d’énergie renouvelable, ont signifié à la Régie qu’ils souhaitent intervenir dans le débat sur les besoins futurs de la société d’État. La présence de TransCanada, après vérification des archives de la Régie depuis le début des années 2000, pourrait être une première.

Sa centrale de 570 MW à Bécancour n’a essentiellement produit de l’électricité que de septembre 2006 à décembre 2007. Malgré son arrêt, Hydro-Québec doit verser à TransCanada la somme de 120 millions par année en vertu d’un contrat qui prendra fin en 2026, au beau milieu de la période étudiée par la Régie. L’usage de la centrale devrait, selon le contrat, permettre de répondre aux besoins d’énergie en période de pointe hivernale. Il se trouve toutefois qu’Hydro-Québec est aux prises depuis plusieurs années avec un surplus d’électricité.

Appel d’offres

Dans son plan dévoilé le mois dernier, Hydro-Québec juge que son approvisionnement en énergie est suffisant pour l’instant, mais la société d’État n’exclut pas un nouvel appel d’offres sur un horizon de trois à cinq ans si l’énergie disponible n’arrivait pas à répondre aux besoins.

« Hydro-Québec Distribution a identifié des besoins futurs en approvisionnement et nous [TC Énergie] croyons pouvoir faire partie de la solution pour répondre aux besoins en énergie à bas prix d’Hydro-Québec à long terme », a affirmé la société de Calgary dans une déclaration écrite envoyée au Devoir. « Nous sommes toujours l’une des plus grandes sociétés énergétiques privées du Canada. Notre expérience en matière de construction et d’exploitation de centrales au gaz, entre autres, nous a bien positionnés pour explorer des occasions de croissance futures au Québec. »

En brossant le portrait du processus d’appels d’offres, Hydro-Québec a mentionné dans son plan que « tous les producteurs d’électricité, incluant Hydro-Québec Production et les producteurs indépendants, peuvent répondre aux appels d’offres », mais que certains principes de la Régie s’appliquent : « assurer la fiabilité du service d’électricité » ; « favoriser les sources d’énergie renouvelables » et « obtenir les meilleurs prix possible ».

« Ce qu’on sait, c’est que le contrat [avec TransCanada] prend fin en 2026 », a dit en entrevue un porte-parole d’Hydro-Québec, Marc-Antoine Pouliot. « On aura des besoins en puissance et en énergie dans les prochaines années. Pour le reste, on n’a pas d’information à ce sujet-là. »

En 2015, la Régie de l’énergie avait autorisé que l’entente soit prolongée jusqu’en 2036. Une contestation du Regroupement des organismes environnementaux en énergie (ROEE) a eu pour effet de convaincre la Régie de revenir sur sa décision en juillet 2016. Le tribunal avait souligné l’absence d’appel d’offres.

Avant de lancer de nouveaux appels d’offres, Hydro-Québec, qui achète aussi de l’énergie à des producteurs éoliens, cherche d’abord à écouler ses surplus. Cette opération vise notamment le marché américain, où elle espère commencer à livrer de l’électricité vers le Massachusetts en 2022. La Ville de New York a aussi manifesté un intérêt afin d’approvisionner ses infrastructures en énergie renouvelable.