La Fed pourrait poursuivre sa pause en 2020

Le président de la banque centrale américaine, Jerome Powell, veut voir l’inflation «persister» avant de relever les taux.
Photo: Eric Baradat Agence France-Presse Le président de la banque centrale américaine, Jerome Powell, veut voir l’inflation «persister» avant de relever les taux.

La banque centrale américaine a signalé mercredi qu’elle pourrait laisser les taux inchangés en 2020, à l’issue de sa dernière réunion monétaire de l’année.

La Réserve fédérale (Fed) a décidé de faire une pause dans sa baisse des taux d’intérêt après trois replis d’affilée pour parer aux tensions commerciales et à la faiblesse de la croissance mondiale. Alors que Donald Trump réclame des baisses de taux d’intérêt toujours plus fortes, le président de la Fed, Jerome Powell, a, lui, souligné que les membres du Comité monétaire allaient d’abord observer les effets des précédentes baisses avant de prendre une décision. Pour l’heure, il estime que le taux actuel « demeure approprié » tant que les perspectives économiques restent inchangées.

« Notre perspective économique demeure favorable malgré les développements et les risques toujours présents », a déclaré M. Powell lors d’une conférence de presse. « Nous pensons que la politique monétaire est bien positionnée pour servir le peuple américain », a-t-il ajouté. Cette fois, la décision de maintenir les taux dans une fourchette comprise entre 1,50 % et 1,75 % a été unanime, alors que la baisse des taux d’intérêt avait divisé les membres du Comité monétaire.

La banque centrale a une nouvelle fois souligné qu’elle allait surveiller de près les implications sur l’économie américaine « des développements à l’international et de la faible inflation ». Et Jerome Powell a expliqué qu’il voulait voir l’inflation « persister » avant de relever les taux.

Cet automne, les inquiétudes sur un ralentissement de la croissance mondiale et les péripéties du Brexit ainsi que les tensions commerciales avaient conduit l’institution à abaisser les taux, ce que le président américain appelait de ses voeux.

Projections

Le Comité monétaire a maintenu sa projection de croissance à 2 % en 2020, à 1,9 % en 2021 après 2,2 % cette année, et prévoit que le taux de chômage restera à 3,5 %, un plus bas en 50 ans. Comme dans son évaluation d’octobre, elle note que les dépenses des ménages ont fortement augmenté, mais que les investissements des entreprises sont faibles.

Si l’on en croit les projections des membres du Comité sur l’évolution des taux, ceux-ci devraient rester en l’état en 2020. Seulement 4 participants sur 17 estiment en effet qu’il faudra les relever, alors qu’ils étaient 7 à le penser en septembre.

L’économie des États-Unis est dans sa 11e année de croissance relativement soutenue par rapport à la performance des autres pays industrialisés, avec un PIB en expansion de 2,1 % au troisième trimestre en rythme annuel. Le marché du travail a encore surpris les économistes par sa vitalité en novembre, avec la création de 266 000 emplois et un taux de chômage à nouveau au plus bas depuis un demi-siècle, à 3,5 %.

L’inflation, pour sa part, reste modeste, mais a frémi en novembre, selon l’indice des prix à la consommation (+0,3 % sur le mois) publié mercredi, poussée par une hausse des prix de l’énergie. Pour la première fois depuis un an, elle s’est inscrite à 2,1 % sur douze mois, un peu au-dessus de la cible idéale de la Fed.