La Laurentienne ralentit le pas

La Banque Laurentienne a affiché une baisse de ses profits et de ses revenus au quatrième trimestre.
Photo: Valerian Mazataud Le Devoir La Banque Laurentienne a affiché une baisse de ses profits et de ses revenus au quatrième trimestre.

La Banque Laurentienne a décidé de reporter d’un an, soit à 2022, l’atteinte de certaines cibles de son plan de transformation, en justifiant ce retard par des « négociations syndicales difficiles et coûteuses » cette année.

Cela a contraint l’institution financière à maintenir un plus haut niveau de liquidités, à ralentir la croissance des prêts hypothécaires et des particuliers en plus de faire grimper les dépenses, a expliqué mercredi son président et chef de la direction, François Desjardins. « Même si 2019 a été une année où la rentabilité n’a pas été à la hauteur de nos attentes, nous avons mis sur pied un nouvel environnement de travail de cliniques de conseils financiers et nous nous concentrons sur cela », a-t-il expliqué au cours d’une conférence téléphonique avec les analystes financiers.

Négociations coûteuses

M. Desjardins faisait le point sur les résultats du quatrième trimestre, où la Laurentienne a affiché une baisse de ses profits et revenus — tout comme pour l’exercice. Alors que la septième banque au pays a terminé la conversion de son réseau de succursales vers les services-conseils, elle a conclu un nouveau contrat de travail, en mars dernier, avec quelque 1200 syndiqués dont la convention collective était échue depuis plus d’un an. Cette négociation, qui s’était amorcée en 2016, a été acrimonieuse. Il y a notamment eu deux tentatives de désyndicalisation de la part d’un groupe d’employés qui ont échoué. Le syndicat avait aussi déposé des plaintes au Conseil canadien des relations industrielles pour des pratiques jugées déloyales afin de dénoncer l’attitude de la banque.

 
41,3 millions
C’est le bénéfice net affiché par la Laurentienne au quatrième trimestre, en baisse de 19 % par rapport à la même période l’an dernier.

Ainsi, la Laurentienne — la seule banque syndiquée au pays — a décidé de se donner jusqu’à 2022 pour afficher une croissance annuelle de son résultat ajusté par action oscillant entre 5 et 10 %. Les cibles concernant le rendement des capitaux propres attribuables aux actionnaires ordinaires ajusté, le ratio d’efficacité ajusté et le levier d’exploitation ajusté ont également été reportées.

Au quatrième trimestre, terminé le 31 octobre, la Laurentienne a affiché un bénéfice net de 41,3 millions, ou 90 ¢ par action, en baisse de 19 % par rapport à la même période l’an dernier. Abstraction faite des éléments non récurrents, la Laurentienne a engrangé un bénéfice ajusté de 1,05 $ par action, par rapport à 1,22 $ au cours du quatrième trimestre il y a un an. Pour l’exercice, l’institution a généré un bénéfice net de 172,7 millions, ou 3,77 $ par action, en baisse de 23 % par rapport à 2018.

En dépit de ces résultats, M. Desjardins a suggéré que la tendance devrait s’inverser à compter de l’an prochain puisque la « partie difficile » du plan de transformation mis de l’avant en 2016 « touche à sa fin ». « Nous prévoyons que, sur le plan financier, l’exercice 2020 sera supérieur à [celui en cours], particulièrement à compter du deuxième semestre », a expliqué aux analystes le grand patron de la Laurentienne.

En 2019, les prêts aux clients commerciaux ont totalisé presque 13 milliards, en hausse de 8 %, mais un déclin de 7 % a été observé du côté des prêts octroyés aux particuliers, qui ont atteint 20,7 milliards. Les dépôts effectués par les clients ont totalisé 22,5 milliards, en baisse de 8 %.