BMO abolit plus de 2200 postes

Pour l’ensemble de l’exercice financier, BMO affiche un bénéfice net de 5,76 milliards, en hausse de 6 % par rapport à celui de 2018.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Pour l’ensemble de l’exercice financier, BMO affiche un bénéfice net de 5,76 milliards, en hausse de 6 % par rapport à celui de 2018.

Numérisation oblige, BMO Groupe financier prévoit de retrancher environ 5 % de ses effectifs, soit l’équivalent de 2275 postes, selon le nombre d’employés comptabilisé en octobre dernier. La Banque annonce du même souffle une hausse de son bénéfice ajusté et une augmentation de son dividende.

BMO Groupe financier a comptabilisé au quatrième trimestre un bénéfice net de 1,19 milliard. Cette baisse de 30 % par rapport au trimestre correspondant de 2018 reflète l’inscription d’une charge de restructuration de 357 millions après impôts, de 484 millions avant impôts, liée aux indemnités de départ. L’objectif est « de continuer d’améliorer notre efficience, notamment accélérer la mise en oeuvre à l’échelle de la Banque de mesures visant la numérisation, la restructuration organisationnelle et la simplification de notre façon de faire des affaires », lit-on dans le communiqué.

Lors de la conférence téléphonique tenue en marge des résultats financiers trimestriels, le chef de la direction, Darryl White, n’a pas donné de détails, évoquant des compressions pouvant toucher environ 5 % des effectifs de l’institution. Au 31 octobre dernier, la Banque comptabilisait quelque 45 500 employés à l’échelle mondiale. Sur cette base et selon la répartition géographique de l’institution, une extrapolation permet d’avancer le chiffre de 2275 postes abolis, dont 1500 au Canada. « C’est un geste de taille », a dit M. White.

Économies de 200 millions

Selon ce qu’a repris La Presse canadienne, le directeur financier, Tom Flynn, a indiqué que les initiatives d’efficacité annoncées mardi permettraient de réaliser des économies annuelles de 200 millions pour l’exercice 2020 et d’environ 375 millions d’ici le premier trimestre de 2021. « Je m’attendrais à ce que les économies dont nous avons parlé se répercutent sur chacune de nos activités de manière assez représentative […] à la fois par groupe d’exploitation et par région géographique », a-t-il précisé aux analystes.

Sans cette charge spéciale, le bénéfice net rajusté du trimestre clos le 31 octobre 2019 a été de 1,61 milliard, en hausse de 5 % sur un an. « En mettant clairement l’accent sur une gestion rigoureuse des dépenses à l’échelle de la Banque, nous avons continué d’améliorer notre ratio d’efficience global, qui a diminué de 130 points de base au cours des deux dernières années », a indiqué le chef de la direction. Ce ratio mesure le coût pour produire 1 $ de revenu.

Profit de 6 milliards

Pour l’ensemble de l’exercice, BMO affiche un bénéfice net de 5,76 milliards, en hausse de 6 % sur celui de 2018. Le bénéfice net ajusté s’établit à 6,25 milliards, ou à 9,43 $ par action, soit une augmentation de 4 %. Ces données tiennent notamment compte d’une dotation à la provision pour pertes sur créances de 253 millions comparativement à 175 millions au cours de l’exercice précédent. Le rendement sur fonds propres se chiffre à 12,6 %, contre 13,3 % un an plus tôt. Il atteint les 13,7 % contre 14,6 % sur la base du bénéfice net ajusté. Le conseil d’administration de BMO a profité de ces résultats pour ajouter 3 ¢ et faire croître le dividende trimestriel de 6 %, à 1,06 $ l’action ordinaire. Ce nouveau dividende est payable le 26 février 2020 aux actionnaires inscrits le 3 février.

« Nos objectifs financiers demeurent inchangés. Notre cible à moyen terme est d’afficher une progression du bénéfice par action de 7 à 10 % », a ajouté Darryl White.

Le dirigeant a qualifié les résultats trimestriels de « très bons ». Il a relevé « un levier d’exploitation positif dans tous les groupes et, particulièrement, l’excellente performance opérationnelle des Services bancaires Particuliers et entreprises à la fois au Canada et aux États-Unis ». Les activités bancaires canadiennes ont dégagé un bénéfice net comptable de 716 millions au quatrième trimestre, ce qui correspond à une hausse de 6 % par rapport au trimestre correspondant de 2018. Les activités bancaires américaines ont, pour leur part, apporté un bénéfice net comptable de 393 millions, également en hausse de 6 %.

BMO Gestion de patrimoine a inscrit un bénéfice net comptable de 267 millions, en hausse de 22 %, alors que celui de BMO Marchés des capitaux s’est replié de 10 %, à 269 millions.