Les syndiqués de Paccar rejettent les offres patronales

Les travailleurs chez Paccar ont un régime de retraite à deux vitesses depuis 2009.
Photo: Jacques Grenier Le Devoir Les travailleurs chez Paccar ont un régime de retraite à deux vitesses depuis 2009.

Les syndiqués de Paccar, à Sainte-Thérèse, ont rejeté les dernières offres patronales dans une proportion de 80 %, lundi, allant ainsi à l’encontre de ce que leur recommandait pourtant l’exécutif syndical. Les 1400 travailleurs employés par le constructeur de camions situé dans les Laurentides sont membres du syndicat Unifor, affilié à la FTQ. Ils ont été mis en lockout dimanche par la direction de l’entreprise américaine, dès 00 h 01, après l’échéance de la convention collective.

La semaine dernière, les syndiqués avaient rejeté les offres patronales dans une proportion de 61 %, comme le leur recommandait le comité exécutif du syndicat. Cette fois-ci, bien que le syndicat leur ait recommandé d’accepter les offres patronales, les membres en ont décidé autrement.

La question des salaires « n’est pas litigieuse » dans le présent conflit ; « ce n’est pas ça qui est au coeur », a indiqué en entrevue Martin Lambert, représentant national d’Unifor. Les principaux points en litige sont le régime de retraite et les assurances collectives.

Les travailleurs chez Paccar ont un régime de retraite à deux vitesses depuis 2009. Il s’agit d’un régime à prestations déterminées qui est plus avantageux pour les employés les plus anciens et qui l’est moins pour ceux qui ont été embauchés après 2009. Les nouveaux régimes de retraite à deux vitesses sont maintenant interdits au Québec, mais comme ce régime existait avant l’adoption de la réforme, il reste en vigueur.

« L’objectif du syndicat était de fermer le gap » entre les deux groupes d’employés, dans le cadre de la présente négociation, a expliqué M. Lambert. Dans sa dernière offre, l’employeur a fait un bout de chemin pour rétrécir l’écart, mais les membres n’ont visiblement pas été satisfaits, puisqu’ils ont rejeté l’offre.

L’autre point en litige est celui des assurances collectives, particulièrement l’assurance invalidité et les montants maximaux qui y sont prévus.

Le syndicat a fait part à l’employeur du résultat de l’assemblée générale des membres « et des éléments qui nous séparent, qui nous empêchent d’avoir une entente » complète, a rapporté M. Lambert. « Donc, la balle est dans leur camp. Nous, on a transmis le message à l’employeur qu’on était disponibles pour la négociation 24 heures sur 24, qu’on n’attendait qu’un rappel pour se remettre au travail. » Environ 1300 des 1400 travailleurs de Paccar sont encore actifs ; une centaine a été mise à pied à l’automne.