La croissance économique a ralenti au troisième trimestre

Les économistes s’attendent à ce que la banque centrale maintienne son taux directeur à 1,75 % en annonçant sa décision sur sa politique monétaire la semaine prochaine.
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Les économistes s’attendent à ce que la banque centrale maintienne son taux directeur à 1,75 % en annonçant sa décision sur sa politique monétaire la semaine prochaine.

La cadence de la croissance économique canadienne a ralenti au troisième trimestre, l’apport de la hausse des investissements des entreprises et des dépenses des ménages ayant été freiné par une baisse des exportations, a indiqué vendredi Statistique Canada.

Le PIB réel a avancé de 1,3 % en rythme annualisé au cours du trimestre, alors qu’il avait progressé de 3,5 % au deuxième trimestre, a précisé l’agence fédérale. L’estimation initiale pour la croissance du deuxième trimestre, annoncée en août, avait été de 3,7 %. La publication de ces données survient alors que la Banque du Canada doit annoncer la semaine prochaine sa nouvelle décision sur sa politique monétaire. Les économistes s’attendent à ce que la banque centrale maintienne son taux directeur à 1,75 %.

Frances Donald, économiste en chef et responsable de la macrostratégie chez Gestion de placements Manuvie, a souligné que la vigueur des investissements des entreprises était un bon signe pour l’économie canadienne. Selon Statistique Canada, ces investissements ont augmenté de 2,6 % au troisième trimestre, enregistrant leur croissance la plus rapide depuis le quatrième trimestre de 2017. « Il semble que les entreprises canadiennes ont renoué avec les dépenses. Cela est absolument essentiel pour la prétendue résilience du Canada, car avec l’affaiblissement des consommateurs tout au long de 2020, nous aurons besoin de voir les entreprises prendre le relais », a estimé Mme Donald.

Mme Donald a indiqué que les chiffres pour le trimestre étaient conformes aux prévisions de la Banque du Canada et que la banque centrale voudrait probablement voir un écart important par rapport à ses attentes avant de procéder à une réduction de son taux directeur. « Mon point de vue personnel est que la Banque du Canada devra procéder à des baisses de taux, mais probablement seulement dans la seconde moitié de 2020. En outre, même si nous parlons beaucoup de risques à la baisse pour l’économie canadienne, nous devrions également tenir compte du fait qu’il existe également des risques à la hausse. Et lorsque nous commençons à voir des entreprises, qui ont probablement une demande accumulée, commencer à investir dans leurs dépenses en immobilisation et l’embauche, c’est un risque à la hausse que nous devrions surveiller d’aussi près. »

 
1,3 %
C’est la croissance du PIB réel en rythme annualisé au cours du dernier trimestre, alors qu’il avait progressé de 3,5% au deuxième trimestre.

En plus de l’augmentation des investissements des entreprises, les dépenses des ménages ont augmenté de 0,4 % au troisième trimestre. Malgré tout, la croissance économique a été limitée par la faiblesse des exportations. Les volumes d’exportation ont diminué de 0,4 % au troisième trimestre, après avoir augmenté de 3,1 % au deuxième trimestre. Les volumes d’importations sont restés stables au troisième trimestre, après avoir chuté de 0,9 % au deuxième trimestre.

Vents contraires

Brian DePratto, économiste principal à la Banque TD, a observé que l’appréciation de la demande intérieure était encourageante, tout comme le fait qu’une bonne partie de cette hausse pouvait être attribuée à la vigueur des investissements des entreprises. « Tout ne se déroule pas sans heurts : l’économie canadienne sera confrontée à des vents contraires à court terme, avec des interruptions de travail et la faiblesse du contexte mondial. Mais, avec les données d’aujourd’hui, en particulier le nouveau contexte historique qui vient avec les révisions de Statistique Canada, l’économie semble être un peu plus résistante qu’on ne le pensait auparavant », a écrit M. DePratto dans un rapport.

« Néanmoins, compte tenu des modestes attentes de croissance pour l’avenir et de la tendance à la baisse des dépenses des ménages en glissement annuel, il y a encore de quoi s’inquiéter. »