Air Saguenay met fin à ses activités

Air Saguenay cesse ses activités et met ses actifs en vente après 40 saisons.
Photo: Jean Gagnon CC Air Saguenay cesse ses activités et met ses actifs en vente après 40 saisons.

Faisant face à des ennuis financiers en raison de la fin de la chasse au caribou et des difficultés pour s’assurer, notamment en raison de deux écrasements mortels survenus au cours des quatre dernières années, Air Saguenay cesse ses activités et met ses actifs en vente après 40 saisons.

Le président du transporteur régional, Jean Tremblay, a expliqué, mercredi, au cours d’un entretien téléphonique, que les activités de la compagnie allaient cesser cette semaine et qu’il était à la recherche de repreneurs potentiels pour « certaines parties » de l’entreprise. « J’ai déjà ciblé des acheteurs potentiels, mais au moment où je vous parle, rien n’est vendu », a-t-il dit.

Air Saguenay compte 11 bases d’hydravion et offre un accès au Nord québécois, par exemple à des endroits comme Wabush et Chibougamau grâce entre autres à ses hydravions. Une cinquantaine de personnes, comme des pilotes, des mécaniciens et des répartiteurs, vont perdre leur travail.

On n’est même pas certain d’être en mesure de pouvoir nous assurer de nouveau l’an prochain. Cela aussi a fait partie de la décision.

Parallèlement à une poursuite déposée à la suite d’un écrasement mortel survenu l’été dernier au Labrador, M. Tremblay a expliqué que la décision du gouvernement provincial de mettre fin à la chasse sportive du caribou, en 2018, sans offrir de mesures d’accompagnement, avait en quelque sorte signé l’arrêt de mort pour Air Saguenay.

Poursuite

Des appareils d’Air Saguenay ont été détruits dans deux écrasements mortels au cours des dernières années. Le premier était survenu en août 2015 aux Bergeronnes, sur la Côte-Nord, et le plus récent s’est produit en juillet dernier. La compagnie, poursuivie par la famille d’une des victimes de l’accident de juillet dernier au Labrador, est également incapable, à l’heure actuelle, de trouver un assureur. « À l’heure actuelle, les indications font état d’un minimum de 200 % d’augmentation d’assurance si on trouve un assureur, a dit M. Tremblay. On n’est même pas certain d’être en mesure de pouvoir nous assurer de nouveau l’an prochain. Cela aussi a fait partie de la décision. »

Dans sa requête déposée plus tôt ce mois-ci devant la Cour suprême de Terre-Neuve-et-Labrador, la famille d’une des victimes évoquait la négligence du transporteur et un manquement à ses obligations contractuelles. La poursuite affirme également que du matériel mal entretenu pourrait avoir contribué à l’accident. On allègue aussi que la compagnie aérienne ne s’était pas adaptée aux nouvelles normes de sécurité, car aucune des victimes retrouvées ne portait de veste de flottaison. Les allégations n’ont pas été étudiées par un tribunal.