Freeland de passage à Washington pour faire débloquer l’ACEUM

La vice-première ministre du Canada, Chrystia Freeland, demeure à la tête des négociations entourant l'ACEUM.
Photo: Saul Loeb Agence France-Presse La vice-première ministre du Canada, Chrystia Freeland, demeure à la tête des négociations entourant l'ACEUM.

La vice-première ministre canadienne, Chrystia Freeland, a fait un saut à Washington, mercredi, pour discuter avec ses homologues américain et mexicain d’une proposition censée convaincre la majorité démocrate au Congrès d’appuyer leur nouvel accord de libre-échange à trois conclu il y a un an.

En réunion avec le cabinet fédéral dans la région d’Ottawa en matinée, la nouvelle ministre fédérale des Affaires intergouvernementales est allée rejoindre en après-midi le représentant américain au Commerce, Robert Lighthizer, et le sous-secrétaire du Mexique pour l’Amérique du Nord, Jesus Seade, en discussion depuis le début de la journée dans la capitale américaine. Demeurée responsable de la négociation du nouvel Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), Chrystia Freeland y avait été précédée par l’ambassadrice par intérim du Canada aux États-Unis, Kirsten Hillman, et le négociateur en chef canadien, Steve Verheul, et avait déjà eu de nombreux échanges téléphoniques avec M. Lighthizer mardi et mercredi.

Au centre de toute cette activité, le contenu d’un texte interprétatif à ajouter au traité et visant notamment à garantir l’amélioration des conditions de travail au Mexique pour que le pays exerce moins d’attrait auprès des entreprises américaines et canadiennes. Les élus démocrates au Congrès américain ont fait d’un resserrement des règles de l’ACEUM en matière de travail, d’environnement et de produits pharmaceutiques une condition à leur appui au traité.

Au terme de plusieurs mois de négociations tendues avec la Maison-Blanche, la présidente de la majorité démocrate à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, avait déclaré, lundi, qu’une entente était à portée de main, mais qu’elle attendait d’en voir le résultat écrit. On y permettrait, entre autres, selon le site Politico, des visites surprises d’inspecteurs américains dans les usines mexicaines.

Signé en novembre 2018, l’ACEUM n’a été ratifié, jusqu’à présent, que par le Mexique, le Canada préférant attendre de le faire en même temps que son imprévisible voisin américain.

« Tout semble aller dans la bonne direction », a déclaré mercredi Jesus Seade avant d’indiquer qu’il poursuivra les discussions à Ottawa vendredi.

Accaparé par le processus de destitution du président Trump, l’adoption du prochain budget et, bientôt, les élections présidentielles de 2020, le Congrès pourrait ratifier l’ACEUM au cours « des prochaines semaines ou des prochains mois », rapportait lundi le Wall Street Journal.