Le Mouvement Desjardins veut augmenter la part de ses revenus hors Québec

Le Mouvement Desjardins enregistre déjà le tiers de ses revenus hors Québec, a affirmé hier son président, Guy Cormier.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Le Mouvement Desjardins enregistre déjà le tiers de ses revenus hors Québec, a affirmé hier son président, Guy Cormier.

Le Mouvement Desjardins pourrait-il un jour réaliser la moitié de ses revenus à l’extérieur du Québec ? C’est l’hypothèse qu’a soulevée son président lundi en reconnaissant toutefois que les occasions d’affaires qui permettraient cette augmentation ne courent pas les rues à l’heure actuelle.

Devenu troisième assureur de dommages au pays avec l’achat des activités canadiennes de State Farm pour 1,6 milliard en 2014, le Mouvement Desjardins enregistre le tiers de ses revenus hors Québec, a affirmé son président, Guy Cormier, lors d’une allocution devant des gens d’affaires réunis au Cercle canadien de Montréal.

L’organisation veut cependant jouer un rôle encore plus important dans ce créneau et dans la gestion de patrimoine « à travers tout le pays, a-t-il poursuivi. On veut augmenter ce tiers-là vers des cibles comme 40 %-50 % de nos revenus. »

Des revenus de 16,5 milliards

Desjardins, qui a enregistré l’an dernier des revenus d’exploitation de 16,5 milliards, compte environ 150 000 membres en Ontario, selon M. Cormier. « On veut bien desservir cette clientèle-là. » Mais il y a également les sociétés québécoises qui ont des visées ailleurs au Canada, a-t-il dit.

« On a des membres entreprises qui ont de la croissance à l’extérieur du Québec, et ils demandent à Desjardins de les accompagner, même à l’extérieur du Canada. Donc pour nous, ça fait partie de notre plan de croissance d’accompagner nos 360 000 membres entreprises et aussi [d’assurer] une certaine diversification géographique des revenus pour bien gérer le risque », a dit M. Cormier.

« S’il y avait des occasions d’affaires au Canada, je l’ai clairement dit, on aimerait faire des acquisitions. […] Aujourd’hui, il y a des gens qui sont moins vendeurs. Mais on n’est pas à la course de faire des acquisitions. Notre priorité, c’est de desservir nos membres ici, de croître de façon organique », a-t-il ajouté.

En entrevue au magazine Forces, au début de 2018, M. Cormier avait évoqué des acquisitions potentielles pouvant atteindre trois milliards sur un horizon de trois à cinq ans.

L’acquisition de State Farm a également fait passer Desjardins au cinquième rang de l’assurance de personnes. À l’époque, la présidente en poste, Monique Leroux, avait fait valoir au Devoir l’élargissement du bassin de clients de même que des économies d’échelle. « C’était important de faire cela avec des entreprises qui ont des approches et des valeurs qui nous ressemblent », avait-elle déclaré.

Par ailleurs, M. Cormier a annoncé lundi que le fonds de 100 millions dévoilé en 2016 pour financer des projets locaux a été reconduit jusqu’en 2024 par le conseil du Mouvement Desjardins et qu’il passe à 150 millions. Les investissements ont commencé en 2017 et visent notamment le développement durable, les jeunes et l’entrepreneuriat.

« On est rendus à plus de 380 projets à travers le Québec et l’Ontario. C’était trop beau pour qu’on ne poursuive pas. »

En 2016, Desjardins avait indiqué que cette somme allait provenir des économies générées par une restructuration.

Le projet de Groupe Capitales Médias

Si Desjardins n’a pas pris part au projet de coopérative du Groupe Capitales Médias, c’est entre autres parce que sa direction n’était pas à l’aise avec le « niveau de risque ».

« La principale raison pour laquelle on ne va pas de l’avant, c’est qu’on est convaincus de deux choses », a affirmé lundi son président, Guy Cormier. « La première, le plan d’affaires qui nous a été présenté est à un niveau de risque qui, selon nous, est supérieur à ce que le Mouvement Desjardins est prêt à prendre dans ce dossier. »

« Mais surtout, l’enjeu des médias écrits va au-delà de Capitales Médias. Je l’ai clairement dit au ministre Fitzgibbon: si le gouvernement du Québec veut aller de l’avant avec une proposition, telle que mentionnée en commission, de mettre sur pied un Fonds, ça va me faire plaisir d’être autour de la table. »