WeWork supprime près de 2400 emplois dans le monde

L’entreprise américaine de bureaux partagés WeWork était présentée il y a encore peu comme l’une des étoiles de l’économie du partage.
Photo: Scott Olson Agence France-Presse L’entreprise américaine de bureaux partagés WeWork était présentée il y a encore peu comme l’une des étoiles de l’économie du partage.

WeWork, le pionnier américain des bureaux partagés qui a multiplié les déconvenues ces dernières semaines, a annoncé jeudi la suppression de quelque 2400 emplois dans le monde — soit près de 20 % de ses effectifs totaux — dans le cadre d’un plan de restructuration.

« Dans le cadre de notre [stratégie] de recentrage sur le coeur de métier de WeWork, et comme nous l’avions précédemment fait savoir aux employés, la société procède aux licenciements nécessaires pour créer une organisation plus efficace », a indiqué une porte-parole de l’entreprise. Le plan social a commencé « il y a des semaines dans des régions du monde et s’est poursuivi cette semaine aux États-Unis. Cette réduction d’effectifs concerne environ 2400 employés dans le monde », a-t-elle ajouté. À la fin du mois de juin, l’entreprise comptait encore 12 500 personnes.

Entrée en Bourse annulée

Les déboires se sont accumulés récemment pour l’entreprise dite de « coworking », un mot entré cette année dans Le Petit Robert. WeWork avait prévu de faire une entrée en grande pompe à Wall Street cet automne. La société avait pour 2,5 milliards de dollars de trésorerie au 30 juin, mais les coûts de construction et d’autres dépenses ont aspiré cet argent, avaient expliqué à l’AFP des sources bancaires.

Les interrogations se sont en outre multipliées sur sa capacité à gagner de l’argent et à faire face au ralentissement économique mondial, l’immobilier étant souvent l’un des premiers secteurs touchés. Et si ces bureaux partagés, souvent rassemblés dans des immeubles gigantesques, sont à la mode dans l’univers immobilier, leur modèle économique reste incertain.

 
1,25 milliard
C’est la perte de WeWork au troisième trimestre d’après un document obtenu par des quotidiens américains et publié la semaine dernière.

Face à la défiance grandissante des investisseurs, WeWork a dû renoncer à cette entrée en Bourse. Quant à son patron et cofondateur, Adam Neumann, 40 ans, il a fini par consentir à quitter ses fonctions.

L’entreprise, présentée il y a encore peu comme l’une des étoiles de l’économie du partage, s’est aussi résolue à être sauvée par son actionnaire, le géant japonais de l’investissement dans les technologies SoftBank, et à faire des économies radicales. Le plan de sauvetage de SoftBank a impliqué le départ définitif de l’ancien p.-d.g., qui a quitté les instances dirigeantes avec des indemnités de départ de 1,7 milliard.

Pertes

WeWork, dont la valeur de sa dette s’est effondrée, a perdu 1,25 milliard au troisième trimestre, d’après un document obtenu par des quotidiens américains et publié la semaine dernière. Selon le Wall Street Journal, les revenus de la société américaine ont pourtant augmenté de 94 % en un an, à 934 millions pour la période de juillet à septembre. Au deuxième trimestre, la firme avait déjà enregistré 638 millions de dollars de pertes.

La débâcle de WeWork contribue par ailleurs aux difficultés de SoftBank, qui a annoncé plus tôt ce mois-ci sa plus grosse perte d’exploitation trimestrielle jamais enregistrée (700 milliards de yens, ou 6,4 milliards de dollars).

Masayoshi Son, p.-d.g. de SoftBank, avait exprimé ses profonds remords et avait reconnu de mauvaises décisions d’investissement « à bien des égards » par rapport à WeWork et àUber. « Les comptes sont minables, l’impact de WeWork est important, je le regrette profondément », avait-il déclaré.