Jeu vidéo: Google entre en scène dans le nuage

La plateforme de jeux vidéo dans le nuage informatique de Google, Stadia, a été mise en service mardi.
Photo: Justin Sullivan Getty Images AFP La plateforme de jeux vidéo dans le nuage informatique de Google, Stadia, a été mise en service mardi.

Après des mois d’anticipation, la plateforme de jeux vidéo dans le nuage informatique de Google, Stadia, a été mise en service mardi, sans vraiment rassurer les joueurs inquiets de savoir si la réactivité et la qualité des jeux seront à la hauteur de leurs attentes et habitudes.

En mars dernier, le géant des technologies a promis aux abonnés de son nouveau service qu’ils auraient la possibilité de jouer depuis n’importe quel écran, en passant de leur téléviseur connecté à leur ordinateur et à leur téléphone intelligent sans friction et sans console ni processeur performant. « C’est l’heure. L’heure de changer votre façon de penser. Stadia commence à arriver aujourd’hui », a écrit sur Twitter le compte officiel de la plateforme. Un message accueilli par une salve de « Où sont mes codes ? », sur tous les tons, de la part de joueurs impatients.

D’autres joueurs plus chanceux ont testé le service en avant-première, avec des retours d’expérience mitigés, évoquant des problèmes liés à la latence — les quelques millisecondes entre la pression sur le bouton et le mouvement du personnage à l’écran, un enjeu essentiel pour les services de « cloud gaming ». Or ce risque, même infime, aucun joueur ne veut le prendre, à moins de jouer aux échecs. « Le cloud gaming nécessite une connexion bien meilleure que pour l’écoute en continu de vidéos ou de musique. Son succès dépend énormément du réseau et de sa capacité à gérer les périodes de forte demande, sans latence », explique Steve Alexander, directeur technique de Ciena, une entreprise américaine spécialisée dans les télécoms. « Si les réseaux ne sont pas capables de permettre des parties immersives et interactives, la prochaine révolution du cloud gaming ne dépassera pas la page de chargement. »

« On a l’impression qu’ils se sont dépêchés de sortir Stadia avant que la plateforme soit complètement prête. C’est inquiétant, car Google risque de ne pas complètement tenir ses promesses », indique George Jijiashvili, analyste chez Ovum.

Dans 14 pays d’Amérique du Nord et d’Europe, les joueurs peuvent désormais s’abonner à « Stadia pro ».