Grève au CN: le milieu des affaires veut un dénouement rapide

Le syndicat des Teamsters, qui représente les quelque 3200 travailleurs en grève, a indiqué poursuivre les négociations afin de conclure une entente.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Le syndicat des Teamsters, qui représente les quelque 3200 travailleurs en grève, a indiqué poursuivre les négociations afin de conclure une entente.

La grève déclenchée par quelque 3200 employés de la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada (CN) préoccupe plusieurs associations du milieu des affaires, qui exhortent l’employeur et le syndicat à dénouer l’impasse.

Un conflit de travail qui s’étire et qui paralyse les trains de marchandises risque d’avoir une incidence négative sur les revenus de nombreuses compagnies et peut même aller jusqu’à provoquer des licenciements et des fermetures, ont-elles prévenu mardi.

Ce sont des chefs et des agents de train ainsi que les agents de triage représentés par la Conférence ferroviaire de Teamsters Canada qui sont en grève depuis minuit, lundi — l’échéancier fixé pour conclure une entente avec le CN. « L’impact va être important parce que l’on parle de gros volumes, donc de gros montants d’argent qui sont en jeu », a expliqué la présidente-directrice générale de Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ), Véronique Proulx.

Le gouvernement Trudeau a exhorté le CN et les Teamsters à poursuivre leurs discussions afin de dénouer l’impasse. Sans évoquer une loi spéciale, la ministre fédérale de l’Emploi, du Développement de la main-d’oeuvre et du Travail, Patty Hajdu, a fait savoir, dans une déclaration, qu’elle suivait la situation « de près ». « Le gouvernement du Canada est conscient de l’importance de l’industrie ferroviaire et de ses travailleurs pour l’économie canadienne », a-t-elle souligné, ajoutant avoir « bon espoir » de voir les deux parties trouver un terrain d’entente.

Pour la dirigeante de MEQ, la question de la durée de la grève sera déterminante. Certains membres de l’association ont évoqué des pertes de revenus pouvant atteindre 1 million pour chaque journée de débrayage. De son côté, l’industrie pétrolière s’est inquiétée de ne plus pouvoir compter sur une option névralgique d’exportation alors que la capacité des oléoducs ne répond pas à la production dans l’ouest du pays, a souligné le vice-président de l’Association canadienne des producteurs pétroliers, Ben Brunnen. Pour le directeur général de l’Association minière du Canada, Pierre Graton, le conflit de travail au CN aura un « effet gravement préjudiciable » sur le secteur des ressources au pays. Pour les expéditeurs de céréales, cette grève coïncide avec une année difficile pour les récoltes. La récolte céréalière, qui accuse déjà du retard, donne des maux de tête à l’industrie après un printemps sec et un été pluvieux. Selon le président de l’association des exploitants de silos à céréales, Wade Sobkowich, il est impossible de reprendre chaque journée perdue.

Sans contrat de travail depuis le 23 juillet, la partie syndicale se dit préoccupée par les longues heures de travail, des enjeux entourant la fatigue et ce qu’elle considère comme des conditions de travail dangereuses. Le CN a signalé qu’il sera de retour à la table des négociations mardi, où seront présents des médiateurs fédéraux. Le directeur des affaires publiques des Teamsters, Christopher Monette, a déclaré que le syndicat était toujours en pourparlers avec l’employeur.